06.04.2008
La route des Espagnols
Merci à Charles FERLAY de m’avoir gentiment communiquer les informations suivantes.
La route des Espagnols est celle qui permet de relier le pont d’Esserts-Blay (pont de la Coutellaz) et le pont Albertin, situé à la limite entre Albertville et Grignon. Elle longe globalement l’Isère en rive gauche. Elle dessert St Thomas. Elle est aujourd’hui goudronnée entre le pont d’Esserts-Blay et St Thomas. C’est la route que chacun utilise de nos jours pour aller du chef-lieu de la commune à St Thomas.Entre la limite nord de St Thomas et le pont Albertin, elle n’est pas goudronnée mais est carrossable. Entre les deux, on peut traverser l’Isère au pont de Rhonne.
La route des Espagnols a été construite pendant la seconde Guerre Mondiale. Jusqu’alors, il n’existait pas de route longeant l’Isère entre le pont d’Esserts-Blay et St Thomas.
Au pont d’Esserts-Blay, on pouvait, soit gagner le chef-lieu par la route départementale n° 66, soit monter au hameau de la Combe. Le chemin normal pour aller du chef-lieu de la commune (Blay) à St Thomas passait à flanc de montagne, par le hameau de la Combe. C’est aujourd’hui un chemin très apprécié des amateurs de footing et de VTT.
La partie basse de St Thomas était peu habitée car marécageuse et souvent inondée par l’Isère. Pour aller à Albertville, les habitants de St Thomas empruntaient en gros le chemin du Garde actuel, c'est-à-dire un chemin qui partait de l’église de St Thomas et traversait une partie de la forêt de Rhonne à flanc de montagne. Ce chemin rejoignait le pont de Rhonne (qui existe toujours, c’est une passerelle métallique) qui permettait de traverser l’Isère et de se rendre à Albertville.
Le pont de Rhonne était un pont très ancien (jusqu’au milieu du XIXème siècle, il n’existait pas d’autre pont sur l’Isère en aval, jusqu’à Montmélian), et beaucoup plus fréquenté qu’aujourd’hui (c’est par ce pont que les Allemands ont fuit Albertville à la fin août 1944 pour se replier sur la Haute Tarentaise). Entre le pont de Rhonne et le pont Albertin (construit à la fin du XIXème siècle), il n’existait pas de chemin le long de l’Isère (sauf sur les dernières centaines de mètres avant le pont Albertin).
Comme son nom l’indique, la route des Espagnols a été construite par des Espagnols, plus précisément des réfugiés politiques républicains ayant fuit le franquisme à la fin des années 1930. Ils sont arrivés en Basse Tarentaise vers l’automne 1939. Charles FERLAY pense qu’ils étaient environ 300. Ils étaient gardés par l’Armée française. Il y avait trois campements d’Espagnols en Basse Tarentaise. Le plus important était à St Thomas, en bas du village, à la Verne. Il comprenait trois bâtiments servant de dortoirs, une infirmerie, la cuisine et une forge pour fabriquer les outils nécessaires aux travaux. Les deux autres campements étaient au hameau de la Combe (sur le chemin traditionnel entre St Thomas et Blay), et à Rhonne (probablement vers l’actuel champ de tir militaire). Les réfugiés espagnols ont construit la route longeant l’Isère, qui relie le pont Albertin (seules les premières centaines de mètres étaient déjà construites) au pont d’Esserts-Blay (pont de la Coutellaz) en passant par St Thomas, entre la fin 1939 et le milieu de 1943, époque à laquelle les Allemands ont pris la place des Italiens comme occupants de la Savoie (suite à la chute de Mussolini et à l’armistice signée par les Italiens le 3 septembre 1943).
Si vous avez des informations sur la construction de cette route et sur ce que sont devenus ces réfugiés espagnols, vous pouvez me téléphoner (04 79 31 02 88) ou m’envoyer un e-mail (jean-marc.mollet@laposte.net)
16:54 Publié dans 55 La route des Espagnols (1939 - 1943) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





