19.03.2008
Introduction
Esserts-Blay est essentiellement connu, de par les quelques articles ou publications qui se sont intéressés à notre village, pour son château, construit vers l’an 1400, et les familles qui se sont succédées à la tête de la seigneurie de Blay tout au long du moyen âge, les d’Avalon (St Paul), les de Salins, les de Riddes et enfin les du Verger.
Mais l’histoire d’Esserts-Blay, c’est, aussi, l’histoire de deux villages de la rive gauche de la Basse Tarentaise , Blay et St Thomas, voisins, difficiles d’accès, presque enclavés jusqu’à la 2ème moitié du XIXème siècle, et très pauvres. Manifestement, les relations entre ces deux villages ont rarement été au beau fixe. Pourtant, tantôt réunis, tantôt séparés, nettement plus souvent réunis que séparés, ils sont définitivement associés depuis la fin décembre 1794 pour former la commune d’Esserts-Blay..
Non seulement Blay et St Thomas ont été longtemps d’un accès difficile, mais, en plus, ils sont composés eux même d’une bonne vingtaine de hameaux, habités à l’année s’entend, (une grosse quinzaine pour Blay, une petite dizaine pour St Thomas), disséminés dans la forêt des contreforts de la Grande Lanche , entre 400 et 750m d’altitude, et reliés entre eux par une kyrielle de chemins parfois acrobatiques. Sans compter la multitude de lieux-dits et de chalets de montagne occupés uniquement l’été, lorsque les vaches étaient montées à l’alpage. D’ailleurs, jusqu’à la fin du XIXème siècle, la notion de chef-lieu devait être toute relative, puisque les hameaux les plus peuplés étaient paradoxalement les plus élevés en altitude : la Fouettaz et la Poyat pour Blay, le Charanger, aujourd’hui inhabité l’hiver, pour St Thomas.
Une constante de l’histoire de nos deux villages, c’est la concurrence, pour ne pas dire plus, qui a longtemps existé (faut il vraiment employer le passé ?) entre Blay et St Thomas. En 2008, les choses sont claires : le chef lieu de la commune est à Blay, village le plus étendu et le plus peuplé. C’est là que se trouvent la mairie et le groupe scolaire. Mais il n’en a pas tours été ainsi.
Ainsi sur le plan religieux. Aujourd’hui, la notion de paroisse est largement tombée en désuétude. Mais, en gros jusqu’à la 2ème moitié du XIXème siècle, cette notion de paroisse était bien plus importante et bien plus opérante que celle de commune. Un village digne de ce nom, c’était d’abord une église et son clocher, un cimetière et un curé. Pourtant, bien que beaucoup plus pauvre, encore plus enclavé et deux à trois fois moins peuplé que Blay, St Thomas est une paroisse de plein exercice depuis au moins le XIVème siècle. Alors que Blay, malgré ses 500 à 700 habitants, est resté, jusqu’en août 1803, un simple quartier rattaché religieusement à …St Paul, le principal village de la rive gauche de la Basse Tarentaise. Blay n’avait alors droit qu’à une modeste chapelle, placée sous l’autorité de l’église paroissiale de St Paul.
Pour ne pas simplifier les choses, quand les communautés villageoises (qui sont devenues nos communes) se sont mises en place à la fin du moyen âge, Blay a été la plupart du temps considéré comme un quartier rattaché à St Thomas. Comme cela était écrit dans plusieurs documents de la fin du XVIIIème siècle, Blay était jusqu’alors « rattaché à St Paul pour le spirituel, et à St Thomas pour le temporel ».
L’histoire d’Esserts-Blay, c’est donc aussi l’histoire de ces relations difficiles, rarement harmonieuses, entre Blay et St Thomas. Jusqu’au tout début du XIXème siècle, le leadership était, malgré la différence de population, du coté de St Thomas, à la fois chef-lieu de la paroisse de St Thomas et de la communauté villageoise St Thomas – Blay. Il a basculé du coté de Blay dans les 1ères années du XIXème siècle, avec l’érection de Blay en paroisse autonome en 1803 (« un partout » avec St Thomas), puis la construction de la mairie- presbytère à Blay (1806-1812), de la route n° 66 vers 1865-1870 ( La Bathie – Blay – St Paul – Rognaix – Feissons). Et c’est presque naturellement que le groupe scolaire de la commune a été construit en 1882-1885 à Blay, même si on peut souligner que l’école primaire de St Thomas, pourtant construite tout en haut du hameau, n’a fermé ses portes qu’un siècle plus tard, en 1986.
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