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20.08.2007
Lettres de la guerre 14-18 (2)
2ème partie: 1917 - 1918
Au début de 1917, le 70ème BCA est un peu plus au sud, dans la région de Vesoul (Magny en Haute-Saône), et Dannemarie en Haute-Alsace (entre Mulhouse et Belfort)
Carte du 16 février 1917, sur une photo du 70ème BCA – 9èmeCie – 5 et 6ème escouades: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l’instant, ça va pas mal. Je suis toujours au repos, toujours en attendant d’aller vous voir pour quelques jours, en attendant le jour de la délivrance. Je vous envoie cette carte, c’est le photographe de la Division qui est venu pour prendre des photos. C’est ma demi-section. Moi je suis pas bien pris, le béret va pas. Enfin c’est rien ça. Mes bien chers parents, vous tous, j’espère de tout cœur que vous serez tous en bonne santé. Je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille. Ravier Léon.
Carte du 3 mars 1917, de Magny en Haute Saône (Léon précise sur le recto qu'il est "dans le pays"): Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l'instant, ça va pas mal. Aujourd'hui, nous avons repos, mais, demain, je crois qu'on va repartir, direction inconnue. Enfin, j'ai toujours bon espoir de vous revoir bientôt pour toujours. Mes bien chers parents, vous tous j'espère de tout coeur que vous serez tous en bonne santé et que vous ferez toujours un peu de commerce en attendant de pouvoir vous récompenser avec mon frère Philippe, car pour l'instant, on fait que se donner de l'ennui et rien pouvoir faire. Je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur. Ravier Léon."
Carte du 7 mars 1917, de Dannemarie, en Haute Alsace: " Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l’instant, ça va pas mal. Hier au soir, j’ai été travaillé, mais il fait un temps pitoyable. Nous allons travaillé à 300 mètres des lignes faire des … Ce soir, j’y vais encore. J’espère de tout cœur que ça se passera comme d’habitude. Vous tous, j’espère de tout cœur que vous serez en bonne santé pour la permission. Je suis encore le vingt cinquième à partir si les permissions sont pas suspendues. J’espère de partir vers le 25 mars, et de pouvoir me trouver avec mon frère Philippe, (et) qu’on pourra se revoir tous ensemble à la maison en attendant le jour de la délivrance …… horrible fléau. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur. Bien le bonjour aux oncles, tantes, et amis. Et vous me direz qui c’est qui vous a dit de me donner le bonjour."
Le 70ème BCA est désormais en région parisienne.
Carte du 15 mai 1917, achetée à Paris: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je suis en bonne santé. J’espère que vous aurez reçu ma lettre. Pour la permission, j’ai rien. Ca s’est bien passé. Je suis arrivé le soir à Lyon à une heure. Je suis reparti à 8h5. Je suis arrivé à 6 heures à Paris. J’ai pu reprendre le train le lendemain à 1 heure. J’ai couché à Paris. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. R. Léon."
Carte du 18 mai 1917, de La Ferté Gaucher, en Seine et Marne: " Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais assez bien pour l’instant, toujours au repos au pays que vous voyez sur la carte. Mais je crois qu’on va partir, mais toujours direction inconnue. Ça murmure pour la Belgique. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Je vous embrasse du fond du cœur.
Carte du 16 juillet 1917, de Ligny en Barrois, dans la Meuse: "Mes bien chers parents, j'ai débarqué dans ce pays l'autre jour et on est à 10 kilomètres de ce pays, dans un petit patelin. Nous sommes assez bien. J'espère de tout coeur que nous resterons quelques temps au repos car nous sommes (là) pour instruire les Américains. Mais après je crois bien que ce sera Verdun. Enfin j'ai toujours ..."
Ligny en Barrois n'est en effet qu'à une soixantaine de kms de Verdun. A Verdun, les combats font de nouveau rage, de juin à octobre 1917, suite à une vaste offensive allemande. Léon fait également référence à la présence des américains. Les Etats-Unis déclarent la guerre à l'Allemagne en avril 1917. Les troupes américaines joueront, en 1918, un rôle décisif dans la victoire des alliés. Durant l'été 1917, les américains ne sont pas encore très nombreux; l'heure est à l'instruction.
Carte du 4 octobre 1917, sur une photo d'un groupe de militaires attablés devant une maison: "Deux mots pour vous donner de mes nouvelles, qui sont assez bonnes pour l'instant. Nous avons embarqué ce matin à 7 heures. Je (poste ?) cette carte à Langres. Je crois que nous passerons par illisible. C'est terrible de passer si près et de pouvoir pas aller vous voir. J'espère de tout coeur que je reviendrai ... en permission pour vous voir. Je suis fait photographier hier toute ma demi-section, ainsi que l'autre demi qui forme la section. Je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur à toute la famille en pensant sans cesse à vous tous. R. Léon
Carte du 16 octobre 1917, achetée à Albertville et représentant la Caserne Sougeon, et adressée à son frère Philippe: "Mon cher frère, deux mots pour te donner de mes nouvelles, qui sont assez bonnes. Toujours en ligne dans l'espoir d'en sortir bientôt. J'espère que toi tu seras en bonne santé, et que tu seras relevé pour quelques jours de repos et ensuite pouvoir aller en perm. Je t'en dis pas davantage que de bien te conserver. Moi je ferai tout mon possible. Ton frère qui t'embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à toi. Léon.
Carte du 29 octobre 1917, de Sommevoire (Haute-Marne), adressée également à son frère Philippe: "Mon cher frère, deux mots pour te donner de mes nouvelles. Pour l'instant, la santé est assez bonne. Aujourd'hui, on est parti du pays que tu vois sur la carte. Nous avons fait 22 kilomètres, et demain, nous repartons pour embarquer, mais je sais pas où nous irons. Les uns disent que nous allons en Italie, mais on en sait rien. Pourvu qu'on remonte pas dans ce fameux coin de C. ou V. Enfin j'espère que nous irons dans les Vosges. Pour toi, j'espère de tout coeur que tu seras en bonne santé, et que tu seras descendu des lignes, et que tu iras en perm. Pour moi, elles sont suspendues, mais j'espère pas pour longtemps. Ton frère qui t'embrasse du fond du coeur. Je t'en dirai davantage demain.
Carte du lundi 29 octobre,toujours de Sommevoire: "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l'instant, la santé est assez bonne. Voilà une huitaine de jours que j'ai un peu mal aux dents, mais j'espère que ça passera. Ce matin, nous sommes partis du pays que vous voyez sur la carte. Nous avons fait dans les 22 kilomètres. Et demain, nous repartons pour emb... mais toujours direction inconnue. Les uns disent que c'est pour l'I..lie (Italie ?), mais personne ne le sait. Pourvu que nous remontions pas dans ce fameux C. de C. ou V. Pour les permissions, elles sont suspendues, mais j'espère qu'ils les remettront sous peu, et que j'aurai le grand bonheur d'aller vous voir. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur à toute la famille. Léon."
C'est bien en l'Italie que le régiment de Léon est envoyé. Le 5 novembre 1917, le convoi s'arrête à Montmélian, à 40 kms d'Esserts-Blay, et Léon envoit une carte à son frère Philippe et une à ses parents:
Carte du 5 novembre 1917, de Montmélian, envoyée à son frère Philippe: "Deux mots pour te donner de mes nouvelles, qui sont assez bonnes pour l'instant. Me voilà à Montmélian. C'est midi, nous avons une heure d'arrêt. C'est terrible d'être si près et de pouvoir pas aller à la maison. J'espère de tout coeur que je reviendrai de là-bas sous peu en perm, et surtout que ça ne bardera pas trop où nous irons. Pour toi, j'espère de tout coeur que tu seras en bonne santé, et que tu viendras en perm pour passer quelques jours. Mon cher frère, je t'en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien te conserver et bien faire attention. Moi je ferai tout mon possible. Ton frère qui t'embrasse bien fort, et pense sans cesse à toi. R. Léon."
Carte du 5 novembre 1917, de Montmélian, envoyé à ses parents: "Mes bien chers parents, deux mots de Montmélian. Ça va assez bien pour l'instant, mais ça m'est terrible de passer si près et de pouvoir pas aller vous voir. J'espère revenir sous peu vous voir vous tous. J'espère de tout coeur que vous êtes tous en bonne santé, et que ça marchera tout bien à la maison. Nous avons une heure d'arrêt. C'est midi. Je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible pour vous revoir un jour pour toujours. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. R. Léon. Vous me direz si vous avez reçu mes photos. Vous m'enverrez quelques sous (souligné).
En Italie, le 70ème BCA participe aux opérations de Monte Tomba et Mofénéra (1917), puis Val Bella, Col del Rosso et plateau d'Asiago (début 1918).
Carte du 10 novembre 1917, certainement d'Italie (la carte a été achetée à Milan): "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour l'instant. Nous sommes arrivés hier au soir dans un pays que les civils sont presque tous partis. Aujourd'hui, c'est dimanche, nous avons repos. (la suite est difficile à lire)
Le 27 janvier 1918, Léon envoit à son père, Mr Ravier Hippolyte à Esserts-Blay, Savoie, une carte avec comme seule phrase: "un grand bonjour de Vienne". La carte arrive le 30 à La Bathie. Il s'agit d'une carte en couleurs représentant des montagnes enneigées et des vaches au 1er plan. Compte tenu du fait que la carte n'a mis que 2 ou 3 jours pour venir (le 1er tampon est du 28), on peut penser que Léon est à Vienne au sud de Lyon.
Carte du 23 février 1918 (paysage en couleurs de pré, forêt et vaches), sans indication de lieu: "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour l'instant. Toujours au repos et j'espère de tout mon coeur que nous y resterons encore quelques temps avant de reprendre les lignes. Pour vous tous j'espère de tout mon coeur que vous serez tous en bonne santé, et que ça ira tout bien à la maison. Mes chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. Léon."
Carte du 5 juin 1918, de Elnes, dans le Pas de Calais: "Mes bien chers parents, me voilà arrivé dans ce fameux pays. Je suis arrivé hier au soir, je suis descendu à Lumbres, à 1 kilomètre de Elnes. Aujourd'hui, j'ai rien fait, je suis resté couché jusqu'à 10 heures car j'avais presque rien dormi depuis que je suis parti. Le bruit court que nous partirons dans la nuit de demain, mais pas encore sur, pour aller dans le fameux coin. Si malheureusement nous y allons j'espère de tout mon coeur que ça se passera tout bien. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. Léon."
En juin ou juillet 1918, Léon a été blessé au dos et aux côtes (une balle lui a traversé le corps). En juillet 1918, il est à Bordeaux, à l'hôpital.
Carte du 22 juillet 1918, du poste de secours de la gare de Voves, en Eure et Loir: "Mes bien chers parents, Me voilà en voyage pour l'intérieur. Je ne sais pas encore dans quel pays nous irons, mais en tous cas nous allons du bon coté. Je vous en dis pas davantage. Aussitôt que je serai à l'hôpital, je vous enverrai une adresse. Votre fils qui vous embrasse et pense à vous tous. Ravier Léon."
Carte du 24 juillet 1918, de Bordeaux: "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes pour l'instant. Je suis toujours au lit mais j'espère me lever demain. Je ne souffre pas trop. Mes bien chers parents, j'espère de tout mon coeur que vous serez tous en bonne santé et que ça ira tout bien à la maison. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Moi je peux tenir maintenant. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. Léon."
Carte du 26 juillet 1918, de Bordeaux: "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont très bonnes pour l'instant. J'espère que vous tous vous serez tous en bonne santé et que ça ira tout bien à la maison. Ca me tarde de recevoir de vos nouvelles, et surtout de mon frère Philippe qui, j'espère de tout mon coeur, est en bonne santé et sera relevé de cet horrible m. (merdier?) pour quelques temps. Espèrons que cette horrible gu...(guerre?) sera sur la fin et que nous aurons le bonheur de nous revoir tous en bonne santé à la maison pour toujours. Je vous en dis pas davantage. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. Léon. 70ème B.... Hôpital n° 213. Le Bouscat. Bordeaux. Gironde. Bien le bonjour aux oncles, tantes et amis.
Carte du 31 juillet 1918, de Bordeaux, à son frère Philippe (qui mourra au combat 1 mois plus tard): "Mon bien cher frère, je viens de recevoir ta lettre avec le plus grand plaisir de te savoir en bonne santé, mais ça m'ennuie que vous êtes toujours dans cet horrible m. (merdier?). J'espère de tout mon coeur que, quand tu auras reçu ma lettre, vous serez au repos pour quelques jours pour vous reposer. Pour moi, cher frère, la santé est assez bonne. J'ai passé à la radiographie hier pour voir si j'ai rien dans le dos. J'espère que j'aurais rien. Je t'en dis pas davantage que de bien te conserver et bien faire attention. Ton frère qui t'embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à toi. Léon."
Carte du même jour, à ses parents: "Mes bien chers parents, j'ai reçu une de vos lettres qui avait été à la compagnie. J'ai reçu les 5 francs qu'il y avait dans la lettre. Pour le colis, je ne l'ai pas encore reçu, mais je le recevrai ces jours. Je suis heureux car j'ai reçu des nouvelles de mon frère Philippe. Je suis heureux de le savoir en bonne santé, mais cela m'ennuie toujours dans cet horrible m. (merdier?). J'espère de tout mon coeur qu'il sera relevé sous peu pour se reposer quelques jours. J'ai reçu une lettre de mon sergent à Rumilly, je l'ai mis dans votre lettre. C'est horrible. J'ai reçu une lettre du curé Arnaud. Pour moi, la santé est assez bonne. Hier, j'ai été à la radiographie pour voir si j'avais encore quelque chose dans le dos. Je sais pas encore ce que j'ai, la photo n'est pas revenue, mais j'espère que j'aurais rien.
Carte du 4 août 1918, toujours de Bordeaux: "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour l'instant. Ça va bien mieux aujourd'hui. J'ai été me promener un peu. Je pense passer ce mois ci à l'hôpital, ensuite avoir 20 jours de permission ou une convalescence. Vous tous j'espère de tout coeur que vous êtes tous en bonne santé et que ça marche tout bien à la maison. Je vous en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous. Bien le bonjour aux oncles, tantes et amis. Léon.
Carte du 6 août 1918: "Mes bien chers parents, je viens de recevoir votre lettre avec grand plaisir de vous savoir tous en bonne santé et que notre tante Marcelline va mieux. Je vous remercie infiniment des 10 francs qu'il y avait dans la lettre. J'ai reçu aussi la lettre qui était encore adressée à la compagnie dans laquelle vous me disiez que vous avez reçu le tabac. J'ai reçu les 5 francs qu'il y avait dans la lettre. Pour moi la santé est très bonne, la plaie est fermée. J'ai plus de pansement. J'ai plus qu'à attendre la fracture des côtes qui va se ressouder. J'espère passer ce mois ... tranquille d'être en dehors de ce m. (merdier?). J'ai reçu des nouvelles de mon frère Philippe. Je suis heureux de le savoir en bonne santé mais ça m'ennuie de le savoir toujours dans ce m. (merdier?). J'espère de tout coeur qu'il sera au repos maintenant. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. Bien le bonjour aux oncles, tantes et amis."
Carte du 19 août 1918, de Bordeaux, à sa soeur: "Ma chère soeur, je viens de recevoir ta lettre avec grand plaisir de te savoir en bonne santé ainsi que tous. Je te remercie des 5 francs qu'il y avait dans la lettre. Pour moi la santé va de mieux en mieux, mais j'espère rester encore quelques temps à l'hôpital. Je vais passer de nouveau la radiographie pour voir si je n'ai rien d'atteint à l'intérieur, mais je crois pas. Ma chère soeur, je t'en dis pas davantage pour aujourd'hui que de bien vous conserver tous. Moi j'espère que ça fera. Ton frère qui t'embrasse bien fort et pense à vous tous. Léon."
Carte du 26 novembre 1918, de Chambéry: "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles. Je suis arrivé hier au soir en bonne santé. Ce matin, j'ai été à la visite. Je n'ai pas encore passé une ... visite car le major de mon 13ème est en permission. C'est le major du 28ème 13ème. Je ne sais pas encore quand je passerai. Je suis pas mal, je peux attendre. Vous tous j'espère de tout coeur que vous êtes tous en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. Bien le bonjour aux oncles, tantes et amis. Ravier."
Carte du 3 décembre 1918, de Grenoble (la carte représente le lycée de garçons): "Mes bien chers parents, deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour l'instant. Aujourd'hui je suis de garde au lycée que vous voyez sur la carte. C'est des prisonniers boches blessés. Nous sommes assez bien. Je ne sais pas si je passerai la commission samedi ou bien l'autre. En tous cas, j'espère bien aller vous voir dimanche, toujours avec la même permission. Vous tous j'espère de tout mon coeur que vous serez tous en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse du fond du coeur et pense sans cesse à vous tous. J'espère de tout mon coeur que l'oncle Joseph sera venu et que ses blessures iront bien mieux et que je pourrai le voir dimanche."
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