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04.02.2007
Les hameaux d'Esserts-Blay
Esserts-Blay compte une vingtaine de hameaux principaux, habités à l'année depuis de nombreuses décennies. Le village comptant 2 paroisses, nous les avons classés par paroisse.
1. les hameaux habités de la paroisse de Blay:
On peut distinguer les hameaux du chef lieu, entre le Mas et la Bruyère / les Moilles, quand on suit la route principale qui va de St Paul à St Thomas, et les hameaux périphériques, d'une part ceux, plus élevés en altitude, situés sur la route forestière qui monte du chef-lieu vers la Duit et le Darbelay, et d'autre part, ceux situés sur l'ancien chemin principal de Blay à St Thomas et qui passe par la Combaz.
1.1. Le chef lieu compte 4 hameaux principaux et clairement différenciés: le Mas, le hameau de Blay, les Cours et le Char, et plusieurs hameaux secondaires habités à l'année.
- Le Mas, ou le Maz, est composé des maisons situées aux alentours de la chapelle, devenue église en 1803 lors de l'érection de Blay en paroisse autonome. C'est le hameau le plus peuplé du chef-lieu, avec, tout au long du XIXème siècle, plus d'une centaine d'habitants. Au XIXème siècle, c'est le hameau des BLANC ou GLAISAT BLANC et des PERONNIER, et, dans une moindre mesure, des MERCIER et RAVIER GARON. Au début du XXème, ce sont les COLLOMBIER qui y sont les plus nombreux. Le nom Mas vient du latin mansus, domaine rural, tènement avec habitation; le mot a le même sens que villa au moyen âge,
- le hameau de Blay compte entre 60 et 80 habitants tout au long du XIXème siècle. Juste à coté se trouve le hameau du Planay qui abrite l'école primaire du chef lieu, jusqu'à la construction du groupe scolaire actuel en 1882-1885: c'est la maison actuellement habitée par Alice et Marcel REY (elle appartenait à Pierre BOSON SAUGE en 1790). Le nom Blay est certainement le nom (Blasius en latin, Blaise en français) d'un propriétaire local (la 1ère mention connue de Blay date de 1257)
- Les Cours compte presque autant d'habitants que le hameau de Blay. Au XIXème siècle, c'est le hameau des AVRILLIER, et dans une moindre mesure, des BLANC / GLAISAT BLANC et des SAUGE / BOSON SAUGE. Au début du XXème siècle, les MERCIER sont les plus nombreux, mais les AVRILLIER et les SAUGE / BOSON SAUGE toujours bien présents. Aux Cours se trouvait une chapelle, qui a été détruite dans les années 1970 car elle genait la circulation. Le nom Cours vient du latin cortis, ou curtis, qui désignait un domaine rural, et qui est à l'origine etymologique de nombreux lieux-dits de Savoie. Juste au dessus se trouve le hameau des Pierres (lieu encombré de pierres)
- Le Char ou Chard est un hameau de la même importance que les Cours, auquel il est relié depuis au moins la mappe sarde (1730) par un chemin, chemin qui descend ensuite vers les bords de l'Isère. C'est par excellence le hameau des AVRILLIER. Le nom Char ou Chard semble être une variante du mot Chal, qui vient du mot préromain calmis, qui signifie prairie, alpe, pâturage, et qui a donné naissance à de nombreux noms de lieux dans tout le sud est de la France. En patois, Char signifie, élévation, renflement de terrain avec esplanade, pointe rocheuse au sommet d'une montagne.
- Après les Cours en direction de St Thomas, se trouvent plusieurs hameaux moins peuplés: la Tiournaz est le hameau où a été construit le groupe scolaire du chef lieu qui a été inauguré en 1885. Juste au dessus se trouve la Bruyère (la Bruira sur la mappe sarde de 1730), lieu au on trouve de la bruyère, mais qui était souvent employé dans le sens de terrain vague ou laissé en friche. Les Moilles marque le bout du chef lieu; le mot désigne un terrain humide et marécageux, "mouillé", (du mas latin molia ou mollia).
- Revenons au Mas et suivons le chemin, déjà noté sur la mappe sarde de 1730, qui s'élève vers la montagne et les pâturages du Darbelay. Quelques hameaux sont, selon les époques, notés comme habités à l'année: le Vaz, au bord du Nant Bernard, à la limite de St Paul, où Hippolyte LASSIAZ exerce le métier de meunier en 1814. La Corbachère (orthographe actuelle) ou Courbaciere (mappe sarde 1730), où n'habitent, en 1814, que Hippolyte GAUDICHON et sa famille.
1.2. Eloignons nous maintenant du chef lieu et prenons la route forestière du Darbelay. Les 2 hameaux importants sont la Poyat et la Fouettaz. Au XIXème siècle, ces 2 hameaux sont chacun presque aussi peuplés que le Mas. Ils se sont fortement dépeuplés à partir de la fin du XIXème siècle.
- La Poyat a compté une centaine d'habitants au XIXème siècle (89 en 1848), et s'est considérablement et rapidement dépeuplée à partir de la fin de ce siècle (23 habitants en 1931, soit une diminurion des 3/4 depuis 1861). Le hameau a eu sa propre "école d'hiver" pendant presque 1 siècle, des années 1820 jusqu'à 1921. Elle était située dans la maison Tonolini, juste à coté de la maison d'Albert Traversier. En 1730, la Poyat est un carrefour de plusieurs chemins (voir chapitre sur la mappe sarde). Au XIXème siècle, c'est le hameau des BLANC ou GLAISAT BLANC, et, dans une moindre mesure, des LASSIAZ
- La Fouettaz a compté une centaine d'habitants au XIXème siècle (97 en 1848), et comme la Poyat s'est dépeuplée à la fin du XIXème et début du XXème siècle (42 habitants en 1931 en incluant le Plan du Chouet). Comme la Poyat, la Fouettaz a eu son "école d'hiver" des années 1820 à l'ouverture du groupe scolaire du chef-lieu d'Esserts Blay en 1885. A l'époque, la Fouettaz, c'est d'abord le hameau des MERCIER (un village des Mercier est noté sur la mappe sarde de 1730), et, dans une moindre mesure, des TRANCHANT / FONTAINE TRANCHANT (la mappe sarde signale un village des Tranchant), des VOISIN, des GIROD et des VELLAT. Le nom Fouettaz semble dérivé du roman fust, bois, et du latin fustis, bois coupé; c'est un lieu où le bois a été coupé. Au dessus de la Fouettaz, sur la route du Darbelay, le dernier hameau habité à l'année est le Plan du Chouet (ou Plan du Suet sur la mappe sarde de 1730).
1.2. Revenons au chef-lieu de Blay, et partons à flanc de montagne sur l'ancien chemin principal de St Thomas (rappelons que la route départementale n° 66 et le pont d'Esserts-Blay ne datent que des années 1880).
- La Perrière est aujourd'hui au bout de la partie goudronné de l'ancien chemin principal reliant St Paul et Blay à St Thomas et Grignon. Au XIXème siècle, entre 2 et 3 familles y habitaient: les VALLOZ. La Perrière désigne un lieu où abondent les pierres
- Juste en dessous se trouvait le hameau de Parchet, ou Perchet. Aujourd'hui, il n'en reste que des ruines recouvertes de broussailles. En 1814, 26 personnes, réparties en 4 familles, y habitaient. Il y avait là 3 familles VALLOZ et 1 famille BLANC. On peut penser que le Parchet désignait un petit parc, un parc étant soit un enclos où on enferme les troupeux, soit un verger d'agrément.
- Enfin la Combaz est, sur le chemin de St Thomas, le dernier hameau rattaché à la paroisse de Blay. Aujourd'hui, on accède à la Combaz par une route qui part du pont d'Esserts-Blay. Autrefois, le chemin principal passait à flanc de montagne. La Combaz est un hameau important, disposant de sa propre chapelle. Il compte entre 60 et 70 habitants tout au long du XIXème siècle, et encore 48 en 1931. C'est, au XIXème siècle, le hameau des TEILLIER ou CATHELIN TEILLIER, et, dans une moindre mesure des GUEILLAND ou ROSSAT des GUEILLAND, et des VARCIN. Au début du XXème siècle, le nombre de TEILLIER diminue au profit des VARCIN
2. les hameaux habités de la paroisse de st Thomas: Démarrons tout en haut du village.
- Jusqu'à la fin du XIXème, le hameau le plus peuplé de la paroisse est également le plus élevé: Charanger, situé à 720 m d'altitude: 92 habitants en 1814, 77 en 1848 et en 1861, encore 57 en 1891, mais plus que 20 en 1931, et 0 habitant à l'année à la fin du XXème siècle. C'est le hameau des LASSIAZ, et dans une moindre mesure, des GIROD et des VERNIER. Le mot Charanger semble venir de la juxtaposition de Char (alpe, pâturage, renflement de terrain avec esplanade) et de Ranger, nom de personne: ce serait donc le char du dénommé Ranger. Plusieurs chemins montent depuis les hameaux du bas de St thomas jusqu'au Charanger. Le hameau est aujourd'hui relié à la route forestière du Darbelay, à hauteur du haut de la Fouettaz, par une piste qui passe par le Replein.
- A quelques minutes de marche en dessous du Charanger se trouve le Replein (680 m d'altitude). En 2007, seul André VELAT y habite à l'année (une famille semble être en train de s'y installer). 35 personnes y habitent en 1814, 33 en 1848, plus que 16 en 1861, 11 en 1891 et 12 en 1931. C'est le hameau des VELAT et des ROCHE / ROCHE BONHOMME. On y trouve aussi des FERLAY jusque dans les années 1860, et des TRAVERSIER dans les années 1930. Le Replein (Replen sur le recensement de 1814) désigne un plan sur le flanc d'une montagne.
- Un peu en dessous se trouve la Ville. Le hameau compte 37 habitants en 1814 et en 1848, 32 en 1861, 21 en 1891 et plus que 9 en 1931. Au début du XIXème siècle, on y trouve des TRAVERSIER, des GIROD, des FAY et des ROCHAIX. Puis les LASSIAZ arrivent dans les années 1840, suivis de quelques FERLAY, tandis que les GIROD et les ROCHAIX, puis les FAY, disparaissent. En 1931 ne restent qu'une famille TRAVERSIER et une famille LASSIAZ. Le mot Ville, ou Villa sur le recensement de 1814, ou Vila sur le recensement de 1861, vient du latin villa qui, à l'époque romaine, désignait une exploitation agricole. En se divisant ou en se disloquant, la villa a donné le villarium, d'où vient le mot villard. C'est le sens de la Ville de St Thomas: petite exploitation agricole d'altitude.
- Toujours en descendant, nous arrivons au Fay. Le Fay est aujourd'hui accessible par une route goudronnée qui part de la vallée et passe par les Ferlay et Chariondet. 11 personnes, soit 2 familles y habitent en 1814 (FERLAY et LASSIAZ), puis 27 en 1848 et 24 en 1861. Le nombre baisse à 16 en 1891, puis 5 en 1931 (famille LASSIAZ). Fay est un dérivé des anciens noms du hêtre (fayard), fagus en latin, fagos en grec, bagos en gaulois. C'est donc un lieu planté de de hêtres (ou de fayards).
- Sous le Fay, se trouve Chariondet. C'est au sommet de ce hameau que se trouvait l'école de St Thomas, qui a fonctionné depuis les années 1820 (elle était auparavant ambulante) et n'a fermé qu'en 1986. C'est par excellence le hameau des BOCHET. Le lieu dit "les Bochets" est d'ailleurs juste à coté, et le hameau est dénommé "les Bochets" sur le recensement de 1861. 2 familles BOCHET (11 personnes) y habitaient en 1814. Le hameau compte 31 habitants en 1861 (dont 18 BOCHET), et encore 28 en 1931 (dont 20 BOCHET). Le mot "Chariondet" vient de la juxtaposition de Char, mot que nous avons déjà rencontré avec le Char et Charanger (en patois: élevation, renflement du terrain avec esplanade) et riondet - rionda - rond. "Bochet" désigne un lieu très boisé ou rempli de buissons (boscus, boschettum en bas latin ==> bosquet). Comme souvent, il est difficile de savoir si c'est le lieu-dit qui a donné son nom aux habitants (les habitants s'appellent BOCHET car ils habitent aux BOCHET), ou si c'est l'inverse qui s'est produit (le lieu s'appelle 'les BOCHET" car il est habité par des familles BOCHET)
- Bien en dessous du Chariondet, à mi-pente entre ce hameau et la plaine, se trouvent l'église paroissialle de St Thomas et sa chapelle, autour desquelles se situe le hameau de la Ramaz. La Ramaz compte 21 habitants en 1848 (TRAVERSIER, FERLAY, BOCHET), et 27 en 1931 (DALES et TRAVRSIER principalement).
- A la même altitude et juste à coté se trouve le hameau des Ferlay. 45 habitants en 1861 (FERLAY, TRAVERSIER, GUICHARD) et 47 en 1931 (TRAVERSIER, FERLAY, LASSIAZ et DALES). On peut penser que c'est le nom de personne FERLAY qui a donné son nom au hameau (c'est le lieu où habitent les FERLAY).
D'autres hameaux secondaires, mais habités à l'année, sont évoqués, soit dans la mappe sarde de 1730, soit dans les différents recensements:
les Teilliers (ou le Telleray en 1814 ou le Teilleret), juste à coté de l'église: c'est certainement le lieu où habitaient une ou plusieurs familles TEILLIER (celui qui teille le chanvre)
Chaniay (les Chenets) signifie chenaie en patois (tsânâi) ou en ancien français (caisnai)
Le bas du village, la vallée proprement dite, n'a du être habité qu'à partir du XXème siècle (la Verne).
11:00 Publié dans 02 les hameaux d'Esserts-Blay | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Esserts-Blay, Blay, St Thomas, histoire






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