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09.09.2006

Les dernières années de Napoléon sont difficiles

Les dernières années de Napoléon (1810 – 1814) voient le mécontentement augmenter. 

 

Après une décennie de quasi euphorie, les choses se gâtent dès 1811. La conjoncture se retourne. La surproduction et le resserrement du crédit font baisser de moitié la production industrielle en 1 an. La même année, les récoltes sont mauvaises, et l’hiver suivant (1811 – 1812) particulièrement rigoureux. Les impôts augmentent, et des crises de subsistance se produisent. La conscription militaire est de plus en plus contestée. Les 2 départements du Mt Blanc et du Léman fournissent théoriquement 5000 conscrits par an. Mais il faut enlever les exemptés : mariés, soutiens de famille, infirme, trop petits etc … Si bien que, dans les faits, seuls 800 jeunes sont incorporés à la Grande Armée chaque année. Les mariages de jeunes se multiplient afin de permettre aux garçons de ne pas partir.

La corruption, la fraude et la désertion  se généralisent. On estime à 1000 le nombre de réfractaires par an sur les 2 départements. La vie militaire déçoit les conscrits, surtout avec les 1ères défaites de 1813.

Malgré le mécontentement croissant, en 1813, la Savoie est manifestement française, sans état d’âme.

Sur le plan extérieur, les choses se gâtent pour Napoléon. Napoléon, malgré toutes ses victoires, n’a pas atteint son grand objectif : la mise au pas de l’Angleterre par le blocus continental. En 1812, le Tsar Russe, jusqu’alors allié de Napoléon, donne des gages à l’Angleterre. Napoléon entreprend, avec sa Grande Armée, composée de soldats de 20 nationalités différentes, de prendre la Russie. Le 7 septembre 1812, Napoléon est à Moscou. Les Russes refusent le combat. Le 8, la ville est incendiée sur ordre du gouverneur Russe. Napoléon ordonne la retraite, qui sera catastrophique (la Bérézina), en raison du froid et de la politique de la terre brûlée des Russes.

En Europe, les vestes se retournent (1813). L’Espagne, la Prusse , l’Autriche, la Suède, aidés par l’or anglais, puis toute l’Europe des nationalités déclarent la guerre à la France. La guerre est surtout faite à Napoléon, puisque les coalisés font serment de ne pas renoncer tant que Napoléon est sur le trône.

Les derniers mois de Napoléon sont très difficiles, marqués, pour la Savoie, par 2 envahissements

La Savoie ne se sent pas particulièrement menacée sur le plan militaire, « protégée » qu’elle est par les Alpes et la Suisse (neutre et pratiquement sous protectorat français).

Mais, en décembre 1813, le Général autrichien BUBNA viole la neutralité suisse, ne rencontre aucune résistance et arrive rapidement à Genève. En Savoie, à Lyon, et en Italie, c’est la panique. En janvier 1814, les troupes autrichiennes poussent jusqu’à Chambéry (et la Bresse). Mais BUBNA, qui admire d’ailleurs Napoléon, ne va plus loin. Cela laisse le temps aux troupes françaises de réagir.

En février 1814, les Français contre-attaquent et reprennent la Bresse et Chambéry. Le 3 mars, ils investissent Genève. BUBNA s’apprête à quitter la ville. Mais le Général français AUGEREAU tergiverse, se retire à Lyon et y rappelle une partie des troupes présentes devant Genève.

Le 30 mars, Chambéry est reprise par les Autrichiens, et toute la Savoie est occupée courant avril (les combats continuent en Maurienne jusqu’au 15 avril). En France, c’est la débandade, puisque Paris est occupée le 31 mars 1814. La Traité de Fontainebleau met fin aux combats le 11 avril 1814.

Napoléon garde le titre d’Empereur, mais est déporté à l’Ile d’Elbe.

Louis XVIII est Roi des Français depuis le 6 avril. En France, le retour des Bourbons s’accompagne d’une forte réaction anti-Révolution, qui passe très mal dans l’opinion publique.

En Savoie, l’occupation autrichienne est très dure. Les Autrichiens remplacent les Préfets et les Sous-Préfets par des « commissions centrales », dont la principale mission est de satisfaire aux réquisitions d’une armée ivre de vengeance.

En décembre 1814, s’ouvre le Congrès de Paris, qui doit fixer les frontières de la France. Pour les coalisés, c’est clair, la Franc doit revenir à ses frontières de 1792. Mais personne n’est sur le même longueur d’ondes. La Russie fait beaucoup de promesses. Genève insiste, parfois lourdement, pour intégrer la Confédération Suisse, en arrondissant ses frontières coté Savoie. Le Roi du Piémont est absent.

Tout cela aboutit à un ex-Duché coupé en 2, une absurdité qui arrange pas mal de monde :

La France, qui s’est retiré à l’ouest du Guiers, récupère l’Ouest de l’ancien Duché (dont Chambéry et Annecy), et le Roi du Piémont la partie Est (Maurienne, Tarentaise, Faucigny, Chablais).

En Savoie française, les choses sont rapidement ingérables, et les manifestations en faveur du Roi du Piémont se multiplient.

Ce n’est guère mieux en Savoie sarde, qui fixe le Siège du Sénat restauré à Conflans. Le Roi Victor Emmanuel, veut annuler tous les actes passés depuis 1792, ce qui est très mal perçu. Il veut également épurer tous ceux qui sont collaborés avec la France, mais, depuis 1792, tout le monde a collaboré avec la France. Bref, le désordre est énorme.

Le Congrès de Vienne, qui doit, entre autres, régler le problème savoyard, s’ouvre dans la confusion. Victor-Emmanuel se montre intransigeant et réclame à la fois toute la Savoie, et des extensions en Italie

L’épisode des 100 jours va débloquer la situation. Le 1er mars 1815, Napoléon débarque à Golfe Juan. L’impact en France, où la restauration des Bourbons passe mal, est énorme. Fin mars, il est à Paris.

Les coalisés se reforment (Victor Emmanuel s’allient à eux), avec pour objectif la neutralisation définitive de Napoléon. La bataille décisive va se jouer dans les Flandres.

Néanmoins, Napoléon lance une attaque préventive en Savoie le 14 juin. La surprise en Savoie sarde est totale. Le 15 juin, les Français sont à Carouge, La Chambre et L’Hopital (Albertville). Puis ils hésitent et mettent une semaine à arriver à Evian, St Jean de Maurienne et Moutiers.

Entre-temps, il y a la défaite de Napoléon à Waterloo, dans les Flandres.Le 23 juin, les Autrichiens et les Sardes contre-attaquent, par la Valais, la Tarentaise et la Maurienne. Seul Bugeaud résiste vraiment à l’Hôpital (Albertville) jusqu’au 28 juin, date à laquelle le bourg est incendié.

La Savoie est immédiatement ré-occupée par les Autrichiens du Général Bubna, ces derniers n’ayant aucune confiance dans les Sardes. Les troupes autrichiennes se déchainent contre la population locale.

L’été et l’automne 1815 sont très difficiles. Lors des négociations diplomatiques qui suivent l’échec définitif de Napoléon, le Piémont compte bien récupérer facilement la Savoie, mais aussi, pourquoi pas, tout le sud est français jusqu’à la Corse. La France tente de s’arranger directement avec le Piémont, en lui donnant le Piémont en échange d’une alliance entre les 2 pays.

La manœuvre échoue, mais cela n’empeche pas le Piémont de récupérer la Savoie dans sa totalité au second Traité de Paris du 20 novembre 1815.

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