12.05.2008

Les familles seigneuriales

Cette partie est (très) largement inspirée du mémoire de maitrise que Fanny ARNAUD-GODDET au Château de Blay (Université Lyon II - Maîtrise d'archéologie - Année 1999/2000)

Après les d'Avalon, seigneurs de St Paul, 3 familles nobles se sont succéder à la seigneurie de Blay

Les d’Avalon:

Comme cela a été dit plus haut, les d’Avalon de St Paul sont sans doute une branche d’une famille très puissante en Savoie et dans le Dauphiné. C’est à partir 1300 que nous commençons à avoir quelques traces fiables de l’histoire des d’Avalon de St Paul. En 1301, Aymeric d’Avalon reçoit du Comte de Savoie toute la justice pleine et entière, avec mère et mixte empère. Cela signifie que le Comte autorise Aymeric d’Avalon à rendre la haute (le droit de condamner à mort), moyenne et la basse justice. C’est une marque importante de pouvoir. Dans ce même document (non conservé mais souvent cité), Aymeric obtient le droit, pour lui ou ses successeurs de construire une maison forte sur sa juridiction. On ne connaît pas très bien l’étendue précise de sa juridiction, qui couvre au moins partiellement St Paul, Blay, St Thomas ; il aussi des droits dans la région de Moutiers (Hautecour, Naves, Grand Cœur). La famille d’Avalon a certainement son Château (ou maison forte) au Villard de St Paul. Aymeric serait mort vers 1312, laissant plusieurs enfants, dont Guigonnet et Nantelme, qui héritent. 

 1. La famille de Salins, les 1ers seigneurs de Blay (et St Thomas) 1350 - 1537:

Vers 1350, la famille d’Avalon se scinde en 2 branches. C’est à cette époque, semble-t-il, que le destin de Blay commence à se séparer de celui de St Paul (on notera quand même que ce n’est qu’au XVème que la seigneurie de Blay sera clairement mentionnée de façon indépendante de celle de St Paul) :

- St Paul reste dans la mouvance des d’Avalon, puis Reydellet d’Avalon, jusqu’en 1763. Le siège de la seigneurie est et restera au Villard de St Paul.

- Blay, qui n’est alors qu’un quartier éloigné de St Paul, ainsi que St Thomas, passent dans le giron de la famille de Salins, dont un représentant, François, épouse une petite fille d’Aymeric d’Avalon en 1354.

La famille de Salins est une importante famille de Tarentaise, basée au Château de Melphes à Salins. Ce Château, très bien placé sur l’éperon des Dorons de Bozel et des Belleville, a longtemps appartenu aux Comtes de Savoie. C’est là que St Pierre de Tarentaise fonda l’aumône du Pain de Mai, qui subsistera à Moutiers jusqu’en 1793. A partir de 1323, le Château de Melphes est inféodé à une famille de noble du coin qui prend le nom de « de Salins ». François de Salins, fils de François, est donc un proche du Comte de Savoie (même s’il semble avoir eu quelques démêlés avec la justice comtale en 1378 – est ce le même ?), pour lequel il passe une reconnaissance le 3 juin 1790. Ce qui ne l’empêche pas, prudence oblige, de passer en 1391 et 1392 une reconnaissance en faveur de l’Archevêque.

François a au moins un fils, Jean (dont la mère n’est pas la petite fille Aymeric d’Avalon, mais Marguerite de la Balme), qui lui succède et meurt avant 1412. On sait que Jean rend hommage au Comte de Savoie.

Puis viennent Pierre (fils de Jean), mort avant 1430, et Nicod (fils de Pierre). Tous deux sont toujours qualifiés de co-seigneur de St Paul, pas encore de seigneur de Blay.

Survient alors un épisode surprenant, au sujet duquel les explications manquent. Le 28 juillet 1418, le Duc Amédée de Savoie investit François de Conzié Seigneur de Blay. François de Conzié est Archevêque de Narbonne, ex camérier du Pape Clément VII, important mécène de la construction religieuse, C’est de son neveu, Jean de Conzié, qu’il hérite de la seigneurie et de la maison forte de Blay. Nous ne savons pas comment la seigneurie et la maison forte de Blay sont passées des descendants de François de Salins (Pierre de Salins est encore qualifié de co-seigneur de la vallée de St Paul en 1412) à Jean de Conzié. Seules la maison forte et la seigneurie de Blay semblent avoir été perdues par la famille de Salins, sans que nous en connaissions les raisons.

C’est en tous cas le 1er acte qui évoque la seigneurie de Blay, et l’existence d’une maison forte sur les terres de Blay, sans doute centre de la seigneurie. Mais on ne sait rien de plus.

La seigneurie de Blay retourne ensuite, avant 1430, à la famille de Salins, sans que nous sachions, ni pourquoi, ni comment. En tous cas, en 1418, la maison forte de Blay est déjà construite. C’est très certainement le bâtiment en ruine qui existe encore aujourd’hui. On peut penser qu’elle a été construite entre 1403 et 1410. Elle sera jusqu’en novembre 1609 le lieu principal de résidence des seigneurs de Blay, qui possèdent également une maison à Beauséjour à St Paul (actuel Collège de St Paul). La maison forte sera ravagée par un incendie en novembre 1609.

En 1430, Nicod de Salins est donc seigneur de Blay. Sans doute prudent, Nicod reconnaît, la même année (1445), être homme lige du Duc de Savoie Louis, et passe une reconnaissance d’hommage en faveur de l’Archevêque. En 1451, il érige et dote une chapelle à Blay, sous le patronage de Saint Sébastien, qui dépend de la paroisse de St Hyppolite (St Paul). Elle sera agrandie en 1803 lors de l’érection de la paroisse de Blay, puis de nouveau en 1829. Nicod, marié à Pernette de Duingt, a eu de nombreux enfants, dont Urbain, François, Nicod (puis Pierre) qui apparaîtront comme co-seigneurs de Blay, et aussi de Sr Paul, après le décès de leur père (vers 1479).

Finalement, suite aux diverses successions et partages, Urbain restera le dernier seigneur de Blay de cette génération. Marié à Claude de la Frasse, il a une fille, Jeanne de Salins, en faveur de laquelle il teste le 23 février 1535.

2. Les de Riddes 1537 - 1616 :

medium_blason_des_De_Riddes_reduction.jpgLe 3 décembre 1537, Jeanne de Salins, fille et héritière universelle d’Urbain, épouse Jean du Chatelard, dit de Riddes. Elle fait de son mari son unique héritier. Auparavant, Jean de Riddes, avait, le 15 décembre 1535, acquis tous les biens tant nobles que ruraux situés à Briançon et la juridiction de Blay (avec son château).

La famille de Riddes vient de Flumet, où elle est honorablement connue depuis 1310 (au moins). Jean de Riddes, notaire et bourgeois de la ville de Flumet, devient noble (par achat d’une patente nobiliaire) le 30 juin 1488. La famille de Riddes continue à s’élever socialement puisque Jean de Riddes, avant d’épouser Jeanne de Salins en 1537, est châtelain de Flumet en 1534. Le 2 juin 1542, Jean de Riddes prête fidélité au Roi de France. Puis, le 1er juin 1543, il passe une reconnaissance aux Comtes de Savoie pour la seigneurie de Blay (entre autres). Il semble que, cette même année 1543, Jean de Riddes « perde » le Château de Melphes (à Salins), mais l’épisode n’est pas clair. Il est alors qualifié d’écuyer, et habite sa maison forte de Blay. 13 décembre 1549 : il admet tenir de l’Archevêque plusieurs fiefs à Cours, la Côte et St Paul ; il est qualifié de co-seigneur de St Paul.

Jeanne de Salins  décède sans donner d’enfants à Jean de Riddes. En 1552, ce dernier se remarie avec Charlotte de Novery. Ils ont plusieurs enfants, dont Jean François et Antoine Gaspard, en faveur desquels Jean de Riddes teste le 5 janvier 1565. Nous ne savons rien de Jean François ; il aurait testé en faveur de Antoine Gaspard et de sa sœur Thomassine (qui aurait récupéré l’héritage de Jean si Jean François et Antoine Gaspard mourraient sans enfants) et serait décédé en 1591.

Le 25 juin 1573, Antoine Gaspard de Riddes est qualifié de « Seigneur de Bleys en Tharantaise » En 1574, il acense (donne en location de longue durée) la seigneurie et le château de Blay à Jean Clément, notaire ducal de Flumet, puis, en 1606, à Pierre fils de feu Pierre Charles de Rognaix. Antoine Gaspard de Riddes épouse en 1ères noces Antoinette, fille de Laurent de Conflans et de Michée de Crescherel. Ils semblent ne pas voir eu d’enfants. Antoinette meurt vers 1599.

A cette époque, Antoine Gaspard de Riddes se fait donner (ou hérite) de son oncle, Antoine Tondu (la famille Tondu est originaire de St Sigismond et a été anoblie par l’Evêque de Maurienne vers 1440), de la Maison Rouge à Conflans (l’actuel Musée). La Maison Rouge restera dans la famille de Riddes, puis du Verger jusqu’en 1714, date à laquelle elle sera vendue aux religieuses bernardines de Conflans (déjà installées au Vieux château de Conflans depuis 1652).

Antoine Gaspard se remarie ensuite avec Jacqueline de Salins, qui a déjà 2 filles d’un 1er mariage. Jacqueline de Salins est l’unique héritière des de Salins, ce qui fait que le Château de Melphes, peut être « perdu » par Jean de Riddes en 1543, revient dans la famille de Riddes (puis du Verger) ; il y restera jusqu’en 1793. Antoine Gaspard et Jacqueline de Salins n’auront pas d’enfants.

Antoine Gaspard de Riddes teste en faveur de son neveu Gaspard du Verger (fils de sa sœur Thomassine, mariée à Jean du Verger), dans le cas où il n’aurait pas de descendants directs. Il meurt le 18 septembre 1616.

3. La famille du Verger (1616 - 1778 environ) se scinde en deux branches en 1647, celle de Blay (cadette) et celle de St Thomas (aînée) :

medium_blason_des_Du_Verger_reduction.jpgEn 1574, Thomassine, fille de Jean de Riddes, et sœur d’Antoine Gaspard, a épousé Jean, fils de Maurice du Verger. Ils ont eu 4 enfants : Gaspard, Maurice-Antoine, Claude et Françoise.

Le 15 novembre 1615, soit 1 an avant sa mort, nous avons vu qu’Antoine Gaspard de Riddes a institué en tant qu’héritier universel son neveu Gaspard du Verger (en 1596, il avait testé en faveur de ses 2 neveux Gaspard et Maurice Antoine ; il a changé d’avis depuis et ne teste finalement qu’en faveur de Gaspard) . Outre la seigneurie de Blay et des droits sur St Paul (co-seigneurie) et St Thomas, rappelons que cet héritage comprend aussi le Château de Melphes (à Salins) et la Maison Rouge de Conflans.

Après la mort d’Antoine Gaspard de Riddes en 1616, son neveu demande qu’un inventaire de l’héritage soit fait, afin de vérifier que les dettes ne sont pas supérieures à l’actif, et accepte finalement l’héritage le 3 juin 1622 (après s’être mis d’accord, suite à un procès avec la veuve d’Antoine Gaspard de Riddes, Jacqueline de Salins, qui réclame la restitution de ses droits dotaux). Cet inventaire est très intéressant.

Il nous apprend que la maison forte de Blay a été détruite par un incendie en novembre 1609, et qu’elle est en ruine. L’inventaire évoque 4 tours d’angle, dont celle du coté ouest qui aurait été complètement détruite par un incendie (d’après les dernières études et fouilles, cette tour semble n’avoir jamais existé). Les 3 autres tours ont, elles, fait l’objet de travaux de réparation (toitures d’ardoises neuves, surmontées d’une girouette sur chaque tour). En 1617, il n’y a plus aucun meuble dans la maison forte en ruine. En 1626, Gaspard du Verger est qualifié de seigneur de Bleys, St Thomas des Esserts, co-seigneur de St Paul, de la Vallée de Bozel et Cornillon. Gaspard du Verger épouse Jeanne Charlotte du Villard (avant 1620), et a plusieurs enfants, notamment :

-          Jacques Antoine, l’aîné, qui doit hériter de la juridiction de Blay, St Thomas des Esserts, et de la co-seigneurie de St Paul, mais qui décède avant 1633

-          Gaspard, qui meurt avant son père

-          Charles Philibert, qui meurt en 1630

-          Gaspard Antoine, dénommé Gaspard, né le 8 février 1620

-          François, connu en 1623 (mort en 1676 ou 1677)

-          Anne dont nous ne savons pas grand chose

 

Restent donc, au moment de la mort de Gaspard du Verger (père), après 1627 mais avant 1647, comme héritiers universels (l’acte d’héritage date du 10 décembre 1647):

- Gaspard Antoine, l’aîné, hérite de la seigneurie de St Thomas des Esserts, la co-seigneurie de la vallée de Bozel, le château de Melphes et la maison de Cors (Grand Cœur)

- François, le cadet, recueille la seigneurie de Blay, la co-seigneurie de St Paul, et la maison forte de Conflans (la Maison rouge), ainsi que des biens à Marthod.

Blay et St Thomas sont donc séparés sur le plan seigneurial, St Thomas restant dans la branche « aînée » (les du Verger de St Thomas), Blay allant dans la branche « cadette » (les du Verger de Blay).

La branche aînée : les du Verger de St Thomas :

Gaspard Antoine est né le 8 février 1620. Il épouse d’abord, en 1647, Anne Marie du Tour, qui décède sans lui donner d’enfants, puis, vers 1676, Gasparde, fille de Claude Vibert, seigneur de Montagny, avec qui il a une dizaine d’enfants, nés entre 1677 et 1690.

Charles Philibert, né le 20 septembre 1680, lui succède. Il a pourtant au moins un frère aîné, Christophe, né le 14 décembre 1677, mais qui s’est orienté vers un carrière ecclésiastique (il est chanoine en 1720, et doyen de Tarentaise la même année). Charles Philibert fait une très brillante carrière militaire. Il entre dans l’armée à 17 ans, en septembre 1697. Il monte rapidement dans la hiérarchie : lieutenant le 19 avril 1702, capitaine le 1er septembre 1704, lieutenant colonel le 20 août 1725, colonel le 31 janvier 1734, et enfin brigadier des armées du roi le 21 mars 1735. Ses états de service lui valent l’honneur de voir ses terres de St Thomas des Esserts érigées en baronnie, par Lettres Patentes du 27 janvier 1739, pour lui et ses successeurs. Le 28 janvier 1744, il est nommé major général, et meurt au combat, en défendant la redoute de Pierrelongue contre les Français, le 19 juillet 1744.  

Plusieurs de ses descendants feront également une belle carrière dans les armées sardes, puis françaises après le rattachement de 1860.

Lui succède son fils, unique semble-t-il, Christophe Gaspard (1725 – 1801), qui épouse Anne Marie Catherine de Chabod (dont la sœur épouse Charles Philibert du Verger de Blay). Christophe Gaspard et Anne Marie Catherine ont une dizaine d’enfants.

Charles Henri (1756 – 1794), militaire comme son grand père, semble succéder à son père Christophe Gaspard à la tête de la baronnie de St Thomas (point à vérifier car il semble mourir avant son père). Il meurt en 1794, à coté de Suse, lors d’opérations militaires.

Son fils aîné Gaspard François Henri (1780 – 1842) reprend la baronnie de St Thomas. Il est, certainement après le retour de la Savoie dans le giron du royaume de Piémont Sardaigne (1814 – 1815) chambellan des rois Charles Félix et Charles Albert, et maire de Moutiers. La branche des du Verger de St Thomas s’est perpétuée jusqu’à nos jours.

La branche cadette : les du Verger de Blay

François du Verger est le Seigneur de Blay. Ce que reconnaît l’ensemble des habitants du quartier de Blay par un acte du 22 avril 1659. En 1664, il épouse Nicolarde du Tour. Ils ont plusieurs enfants. En 1672, il acense la seigneurie de Blay à Philibert Fontannaz. Le 22 novembre 1676, François du Verger teste en faveur de ses enfants :

- Joseph, l’aîné héritera de la seigneurie et juridiction de Blay, et des fiefs et biens qui en dépendent.

- François recevra la co-seigneurie de St Paul, avec la maison de Beauséjour et Cavagnet.

- Jean héritera de la Maison rouge de Conflans (qui sera vendue en 1714) et d’une rente à Beaufort et à Marthod

- Pierre Joseph récupérera tous les biens détenus à Moutiers, Naves, St Thomas des Esserts et St Eusèbe de Cour, ainsi que la moitié des moulins de Blay.

François du Verger et Nicolarde ont également au moins 2 filles dont on ne sait rien.

Seul Joseph a des enfants, ses 3 frères étant ecclésiastiques. Joseph du Verger épouse d’abord Catherine Figuet (elle meurt en 1687), puis, en 1690, Catherine Trolliet, avec qui il a 3 enfants : Nicolarde, Philibert, et François. Le 20 mars 1684, Joseph du Verger accense la ferme générale lui appartenant à Jean-François Bally, bourgeois de Moutiers. Il meurt le 3 janvier 1692.

Philibert du Verger, son aîné, né le 25 mars 1690 à Moutiers, lui succède à la tête de la seigneurie de Blay et de la coseigneurie de St Paul. Son frère François devient ecclésiastique. Philibert épouse Marie Reydelet d’Avalon le 27 décembre 1718, et décède en 1742.

Charles Philibert, son fils aîné, né le 29 janvier 1726 à Moutiers, reprend la seigneurie de Blay et sera le dernier du Verger à porter le titre de seigneur de Blay. Il épouse Anne Marie Josephte de Chabod, dont la sœur, Anne Marie Catherine épouse son cousin Christophe Gaspard du Verger, baron de St Thomas. Les habitants du quartier de Blay prête reconnaissance générale à Charles Philibert en 1737. Il est qualifié de « seigneur de Bleys, conseigneur de la vallée de Bozel, mandement de Chastel, Marthod, Cornillon » en mars 1756. Il passe plusieurs transactions au sein de la seigneurie de Blay, comme l’achat de deux moulins le 25 juillet 1765.

En 1778, il est toujours qualifié de seigneur de Blay, mais cette qualification parait toute théorique. En effet, dans la foulée de l’édit d’affranchissement général des fiefs signé par le roi Charles Emmanuel III le 19 décembre 1771, le quartier de Blay et la communauté de St Thomas des Esserts sont affranchis de « toutes les rentes, servis et droits seigneuriaux quelconques dépendants de sa rente féodale » par … François Amédée Dutour de Villeneuve, pour la somme de 900 livres. Le contrat d’affranchissement du quartier de Blay aurait ainsi été signé le 7 février 1776, après un dénombrement réalisé le 22 décembre 1775. La transmission de la rente féodale de Charles Philibert du Verger à François Amédée Dutour de Villeneuve reste un mystère : c’est François Dutour qui affranchit Blay (et St Thomas), et pourtant, Charles Philibert du Verger est toujours qualifié de seigneur de Blay en 1778.

Après le rattachement de la Savoie à la France révolutionnaire, Charles Philibert émigre en Piémont en septembre 1793, comme de nombreux nobles savoyards. Il semble que la maison forte de Blay ne lui appartienne déjà plus. En effet, sa secondé épouse, tutrice de ses enfants, fera plus tard l’inventaire des biens perdus par Charles Philibert lors de son émigration. La maison forte de Blay n’est pas notée, contrairement au domaine de Beauséjour à St Paul. Nous ne savons pas comment il aurait perdu la maison forte. Charles Philibert, dernier seigneur de Blay, décède à Ivréa en 1796.

La branche des du Verger « de Blay » s’est éteinte au début du XXème siècle, avec la mort sans postérité des arrières petits-enfants de Charles Philibert : Georges (1849 – 1887), directeur de la Société Générale à Vichy, Octave César Charles Philibert (1842 – 1909), receveur des contributions directes à Moutiers (il est mort au domaine de Beauséjour de St Paul), et Marie Caroline Camille (1852 – 1931).

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