19.08.2007

Lettres de la guerre 14-18

Léon RAVIER GARON est né en 1895. C'est le père de Popo et Yvette, donc le grand père de Martine RAVIER GARON, Isabelle et David JACQUET. Il a été incorporé, sans doute en 1915, comme 2ème classe, au 30ème Bataillon de Chasseurs Alpins, 13ème Compagnie.

La famille a conservé bon nombre des cartes postales qu'il a envoyées à ses parents, entre 1915 et 1918. Il fait souvent référence à son jeune frère Philippe, qui sera incorporé en 1916 et qui mourra pour la France 2 mois et demi avant l'armistice, le 29 août 1918, au Moulin de Bartel, dans l'Aisne.

Le 30ème Bataillon de Chasseurs Alpins est stationné, en 1914, à Grenoble. Il est d'abord rattaché à la 54ème Brigade d'infanterie, 27ème Division d'infanterie, 14ème Corps d'Armée; puis, d'octobre 1914 à janvier 1915 à la 66ème Division d'infanterie, et enfin, de janvier 1915 à novembre 1918, à la 47ème DI.

De juin à octobre 1915, le 30ème BCA participe aux opérations du Linge, massif montagneux situé dans la région de Munster. Le massif est tenu par les allemands, l'objectif de l'armée française est de le prendre pour avancer en direction de Munster. Les 1ères opérations commencent en Juin 1915. Les difficultés sont plus importantes que prévues. Fin juillet, la bataille fait rage sous le sommet du Lingekopf. Le 4 août, le 30ème BCA subit de très lourdes pertes et est même presque anéanti. Ensuite, les choses se calment un peu pendant quelques jours. Puis le 18 août, les troupes françaises reprennent l'offensive et atteignent le sommet du Linge. Mais le 31 août, les allemands font donner l'artillerie et les obus asphyxiants et lacrymogènes, et repoussent les troupes françaises. Les pertes sont très lourdes des 2 cotés. Le calme revient dans cette région, si on peut dire, à compter de la mi-octobre.

Léon envoie les cartes postales de cette époque (août - octobre 1915) de Remiremont, ville située à 25 kms au sud-est d'Epinal, et à 60 kms à l'ouest de Munster.

Carte de ../../1915, de Remiremont (Vosges): "deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je suis toujours en bonne santé, toujours au repos. Je pensai recevoir de vos nouvelles. J’ai rien reçu. Je pense que vous allez tous bien. Est ce que vous descendrez bientôt du Laquais ? Je vous dirai aussi qu’il y a quelques jours que j’ai pas reçu des nouvelles de mon frère Philippe. Je pense qu’il va bien et surtout qu’il ne sera pas parti, car il y a assez de moi. Mes chers parents, je termine ma carte. Votre fils qui vous embrasse à tous de tout cœur. Léon RAVIER"

Carte du 26 août 1915, de la région de Remiremont: "Bien chers parents, Je vous donne de mes nouvelles. Elles sont bonnes pour le moment. Aussi, j’ai été content de voir Bernard VOISIN. Il est venu hier l’après midi me voir, et, le soir je suis descendu le voir car il reste un peu plus bas que moi. Je passe Ordonnance. Je serai à coté de lui. Je suis pas sûr mais j’ai bien l’espoir. Enfin moi je me fais pas du mauvais sang. J’ai bon courage et bon espoir. Surtout ne vous faites pas de mauvais sang car ça sert à rien. Je pense que vous allez tous bien. Moi, je suis toujours au repos. Je n’ai plus grand chose à vous dire aujourd’hui. Je vous embrasse à tous de tout mon cœur. RAVIER Léon. Bien le bonjour aux tantes."

Carte du 31 octobre 1915 : "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je suis en bonne santé. Je vous dirai que c’est l’entrée où je suis, mais malheureusement que ça ne durera pas assez. Enfin c’est toujours quelque jour de passé. Vous tous, je pense que vous allez bien et que le travail sera bien avancé, car voilà la Toussaint demain. Bien, chers parents, je n’ai plus grand chose à vous dire pour aujourd’hui, que de bien vous conserver. Moi, je ferai mon possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à tous. R.L."

Carte du 2 novembre 1915,de Remiremont (Vosges) : "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour le moment, je suis en bonne santé et toujours au repos. Je sais pas combien de temps on restera encore., et on sait pas on ira après. On n’est plus dans le secteur 9, mais …. Vous tous, je pense que vous allez bien, et que le travail aura avancé. Je vous dirai que j’ai été à la messe du matin, celle de 9 heures, la grande messe. Presque tout le bataillon était à la messe. Jamais l’Eglise a eu tant de monde que hier c’était bondé jusqu’à la porte. Cela n’aurait pas été la même chose chez nous car il reste plus grand monde. Je pense que ça reviendra. Chers parents, je n’ai plus grand chose à vous dire pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi, je ferai bien mon possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à tous. R. Léon."

Carte du 7 novembre 1915: "Mes chers parents, Je réponds à la lettre que j’ai reçue avec grand plaisir que vous allez tous bien. Et je vous remercie infiniment des cinq francs que j’ai reçus… à moi, je vais pas mal, toujours (au) repos. Je vous dirais que j’ai acheté une petite lampe électrique car la nuit, ça sert beaucoup. De l’argent, j’en ai encore assez. J’ai encore trente francs. Pour le colis, je pense le recevoir demain ou après demain. Je pense que vous aurez reçu la lettre que (dans laquelle) j’avais dit de m’envoyer un caleçon et une paire de chaussettes. Si vous m’avez envoyé les chaussettes, j’en ai assez. Le caleçon, vous l’enverrez quand vous voudrez, ça presse pas. Je vous dirais que je suis heureux si Philippe peut avoir cette permission car il pourra vous aider un peu. Et lui sera heureux d’être dehors de la caserne, et aussi qu’il soit pas parti. Mes chers parents, je n’ai pas grand chose à vous dire pour aujourd’hui. C’est dimanche, j’ai été à la messe ce matin. Je termine ma carte. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à tous. R. Léon."

Le 14 novembre 1915, Léon est à Grenoble d'où il envoit la carte suivante: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles qui sont assez bonnes pour l’instant. J’ai vu plusieurs camarades de mon 13 ainsi que 2 sergents. Ils m’ont pas appris des bonnes nouvelles, que le Sergent BEAUD a été tué, ainsi qu’un autre Sergent MANGUET qui avait passé Sous-Lieutenant. C’est terrible mais je suis parti au bon moment. Je pense aller vous voir pour la journée de dimanche …Vous tous, j’espère de tout cœur que vous serez tous en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur, et (qui) pense sans cesse à vous tous. Léon 30. B. Ch. Ca. 13èmecompagnie. S. HR. Grenoble Isère."

Puis retour dans les Vosges.

Carte du 2 février 1916, de Atton, à coté de Pont à Mousson, entre Nancy et Metz, à son jeune frère Philippe, qui n'est pas encore mobilisé: "Mon cher frère, je réponds à ta lettre, toujours avec grand plaisir que vous allez tous bien. Moi je vais assez bien pour le moment. Ce soir je vais prendre la garde. Je pense que ça (se) passera bien. Il fait froid. Ces jours je mange toujours. Le pain ... est pas trop à manger. Je pense qu'il fera moins froid au pays. J'ai reçu les 5 francs et le colis. Je vous en remercie beaucoup. Je pense que tu travailleras pour en gagner un peu... (lisible mais difficile de voie ce que Léon veut dire). Cher frère j'ai plus grand chose (à dire) que de vous conserver. Votre fils qui vous embrasse et pense à vous. L. Ravier"

Carte du 2 avril 1916, de Rossberg, au nord-ouest de Mulhouse, dans la région des Ballons d'Alsace: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour le moment, je vais pas mal. Toujours le même métier, attendre chaque minute la destinée. J’ai toujours bon espoir de nous revoir un jour pour toujours. Vous tous, je pense que vous allez tous bien. Je pense à Philippe. J’espère qu’il sera toujours à Grenoble, qu’il aura encore une permission, et qu’il ne partira pas encore… Il faut espérer que cette terrible guerre tirera sur sa fin. Chers parents, j’ai pas acheté une montre. Vous m’en enverrez une, car, sans montre ça fait pas, mais pas trop chère, d’une douzaine de francs. Vous verrez bien avec un bracelet pour la mettre au bras. Si la mienne … elle servira pour Marcel. Pour manger, il faut rien m’envoyer car j’ai assez.. Je termine ma carte. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. R. Léon. Bien le bonjour aux tantes."

Carte du 8 avril 1916, de Grenoble, à son frère: "Cher frère, je t'écris cette carte, je vais toujours bien. Je suis toujours à Grenoble. Voilà un an que je suis rentré (Léon veut certainement dire: "que je ne suis pas rentré"). Je suis rentré à 5 heures. Je t'écris c'est 5 heures et je pense y rester encore quelques temps au 2ème. Ceux de ma classe sont partis au 114 Lourd à Valence.... (lisible mais difficile de comprendre ce que Léon veut dire). Je suis toujours à la cuisine. Je bois des bons coups, mais lundi on va me relever. Je pense aller en perme 48 heures pour Pâques. Je termine ma lettre. Ton frère qui t'embrasse et pense à vous tous.

Carte du  5 mai 1916, de Bellefontaine, dans les Vosges: "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais pas mal pour le moment, mais, dans une dizaine de jours, je sais pas ce que je vais devenir, car cette fois, c’est bien … Enfin, prenons toujours bon courage dans l’espoir de nous revoir un jour pour toujours. J’espère que Dieu me conservera comme jusqu’à présent. Je suis dans le patelain que vous voyez. On repart demain matin pour une direction inconnue. Mes bien chers parents, je vois plus grand chose à vous dire pour aujourd’hui que de bien vous conserver, et surtout ne vous faites pas du mauvais sang, car ça sert à rien que d’attendre le grand jour de la délivrance. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Bien le bonjour aux oncles et tantes. Ravier Léon."

Carte du 8 mai 1916, de Odern, toujours en Haute-Alsace: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais bien pour le moment. Je suis descendu hier au soir des avant-postes. On a marché toute la nuit. Je suis dans la pays qu’il y a sur la carte. On est bien, mais on y restera pas assez longtemps. Enfin, toujours quelques jours de passer, mais, ce soir, on est vacciné contre ….Ça me fait bien de la peine pour ce soir. Enfin, toujours dans le bon espoir de nous revoir en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille. R. Léon."

Carte du 10 mai 1916, de Felleringen: "Mes chers parents, Je réponds à la lettre que je viens de recevoir avec grand plaisir que vous allez tous bien. Je vous remercie infiniment des cinq francs qu’il y avait dedans et pour le colis (que) j’espère recevoir demain. Car où je suis, on trouve bien (à) acheter, mais hors de prix. Enfin, bien heureux qu’on trouve encore. Ce matin, on a passé la revue du Général. On a fait le défilé avec la fanfare. Ce soir, revue de fusil avec le Chef de la Compagnie. Je vous dirai, j’ai été heureux aujourd’hui. J’ai reçu des nouvelles de mon frère Philippe. Je suis heureux qu’il va bien et surtout et surtout pensant (pendant ?) que le sais à Grenoble. Il me dit qu’il espère avoir encore seize jours de permission. Je serai plus heureux si je le sais encore pour seize jours pour vous aider, et comme vous avez encore acheté un mulet. Je pense qu’il ira bien car l’oncle Joseph devait le connaître. Je suis heureux qu’il est à Albertville. J’espère qu’il restera jusqu’à la fin  de cette horrible guerre. Car il y en assez de ceux qui sont sur le front à souffrir. Mes bien chers parents, je ne vous en dis pas davantage pour aujourd’hui. Votre fils qui vous embrasse bien fort à toute la famille. RAVIER Léon."

Carte du 11 mai 1916, toujours de Felleringen: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour le moment, je vais bien, toujours au repos, et toujours en attendant le grand jour de la délivrance, dans l’espoir qu’il viendra bientôt. Vous tous, je pense que vous êtes tous en bonne santé. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi, je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille. Ravier Léon. Bien le bonjour aux  tantes et oncles."

Carte du 14 mai 1916, au dos d'une carte "La Grande Guerre 1914-15-16 – L’Alsace reconquise. Le sommet d’un des monts dominant Metzerat, après l’assaut victorieux de nos soldats.": " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Toujours au repos (et) en bonne santé. Aujourd’hui, c’est dimanche, je suis de garde. Je peux pas sortir mais ça me fait rien. Vous tous, je pense que vous allez tous bien. Et je pense que vous monterez bientôt les vaches au Laquais, et ensuite au Darbelay. Et j’ai l’espoir d’y aller voir cet été, (et) de manger du bon beurre et de la crème. Mais bon. Chers parents, je ne vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver, et surtout pas vous faire du mauvais sang. Moi, je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille. Ravier Léon."

Carte du 15 mai 1916, de Saint Amarin, en Haute Alsace, titrée "Guerre libératrice 1914-15...": " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l’instant, je vais pas trop mal. Je viens d’être vacciné pour la deuxième fois. J’ai bien mal à l’épaule. C’est bien terrible d’être charcuté comme ça. … Je vous dirai que j’ai reçu une carte de Philippe. Il va bien. Je suis heureux, j’espère que ça continuera jusqu’à la fin de cette horrible guerre. J’oubliais de vous remercier du colis que j’ai reçu. Je vous remercie infiniment, en attendant le jour que je puisse vous récompenser. J’ai espoir de tout cœur que ce jour heureux je le verrais. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille . R.L."

Carte du 19 mai 1916,de Steinbach, titrée "La Grande Guerre 1914 – 15 – L’Alsace reconquise...": "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour le moment, je vais bien. Toujours au repos. Aujourd’hui, notre Compagnie travaille à faire des boyaux pour l’exercice de grenade. Il fait beau car voilà quelques jours qu’il fait beau temps. Je pense à tout moment à vous tous car vous autres travaillez, et moi faire rien est d’attendre ma destinée à chaque jour… J’espère bien qu’on restera encore quelque avant de partir. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferais tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille."

Carte du 20 mai 1916, de Hartmannswillerkopf: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais bien pour le moment. Toujours au repos. Ce matin, la Compagnie a été au tir. Ce soir, on va aux douches. Et après ce sera bien l’heure de la soupe. Demain, c’est Dimanche, on fera rien. Mes bien chers parents, vous tous, je pense que vous allez tous bien. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille. Ravier Léon."

 Carte du 25 mai 1916, de Cornimont : " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vous dirais que j’ai quitté le pays où j’étais au repos hier matin. Maintenant je suis au pays que vous voyez sur la carte. C’est six heures du matin que je vous écris. A huit heures, on repart toujours direction inconnue. Enfin toujours avec le bon espoir de nous revoir un jour toute la famille en bonne santé. Vous tous je pense que vous allez tous bien. J’ai reçu des nouvelles de mon frère Philippe hier au soir. Je suis heureux pendant que je le sais à Grenoble, et surtout qu’il va bien. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour auujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Ravier Léon."

Carte du 26 mai 1916, toujours de Cornimont: "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais pas mal. Hier, on a quitté le pays que vous voyez sur la carte. Je suis à six kilomètres, à La Bresse. Tantôt on doit embarquer mais direction inconnue. Je sais pas bien où ils nous mènent enfin. Toujours dans le bon espoir que nous (nous) reverrons (et) que j’échapperais comme jusqu’à présent. Vous tous je pense que vous allez tous bien. Bien chers parents vous m’enverrez des sous car avec la trafic qu’on fait. J’espère de tout mon cœur que je pourrais vous récompenser un jour. Mes bien chers parents je vous en dis pas davantage. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur. Ravier Léon. Bien le bonjour aux oncles, tantes et amis. Je suis au secteur 192. Vous mettrez sur les lettres 192.

Carte du 26 mai 1916, de La Bresse: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Toujours dans le patelin que vous voyez sur la carte. Mais malheureusement qu’on restera plus longtemps. On doit changer. On doit embarquer pour aller direction inconnue mais je sais pas bien ce qu’on va faire enfin. Mes bien chers parents, prenons toujours bon courage, dans l’espoir de vous revoir tous. J’espère de tout cœur que je vous reverrai, chers père et mère ainsi que tous mes frères et sœurs, que je vous ai pleurés ( ?). Mes bien chers parents, j’ai plus grand chose à vous dire pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Et surtout ne vous faites pas de mauvais sang car ça sert à rien. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Donnez bien le bonjour aux oncles et tantes et à tous les amis. Ravier Léon."

Carte du 27 mai 1916, toujours de La Bresse: "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je viens d’être vacciné à l’instant. C’est deux heures de l’après midi. Le Général n’a pas voulu qu’on parte sans être fini d’être vacciné. Enfin pour la dernière fois. J’espère bien que je serais pas trop malade. Mes bien chers parents, j’ai reçu votre lettre aujourd’hui avec le plus grand plaisir que vous allez tous bien et que vous pourrez enmontagner. Je vous remercie enfin des cinq francs qu’il y avait dedans. Ça m’embête bien car vous vous fatiguez pour gagner quelques sous, et moi ne … rien faire. Enfin j’espère de tout mon cœur qu’un jour viendra que je pourrais vous récompenser. Je vous remercie infiniment du colis que j’ai reçu quand la lettre. J’espère de tout cœur que je mangerais en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille."

Carte du 3 juin 1916, de Grandvilliers: " Mes bien chers parents, Je viens de recevoir votre lettre avec le plus grand plaisir que vous allez tous bien. J’espère de tout cœur que ça continuera jusqu’à la fin de cette horrible guerre. Je vous remercie infiniment des cinq francs qu’il y avait dans la lettre. J’ai reçu le colis hier au soir que j’espère manger en bonne santé. Je suis toujours au repos mais attendre tous les jours de partir …. J’ai toujours bon espoir de vous revoir toute la famille en bonne santé. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur. R. L."

Carte du dimanche 4 juin 1916, de St Amé, toujours dans les Vosges: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais pas mal pour le moment. Je viens d’arriver au pays que vous voyez sur la carte. Je suis à 7 kms de Remiremont. Mes bien chers parents, je repars demain à 4 heures direction inconnue. Mais cette fois, je crois qu’on va sur V… Mes bien chers parents vous tous je pense que vous allez tous bien. Faites votre possible pour vous conserver et surtout ne vous faites pas du mauvais sang. Moi je ferais tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille."

On peut penser que le "V" que parait redouter Léon, c'est Verdun, à 200 kms au nord-est. L'attaque allemande sur Verdun a commencé en février 1916. C'est un véritable enfer jusqu'à la fin 1916. Finalement, le 30ème BCA reste encore un mois dans les Vosges, pas très loin de Remiremont.

Carte du 7 juin 1916, de Urimenil (Vosges): " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais pas mal pour le moment. Je suis arrivé hier dans le pays qui est sur la carte. On doit y rester quelques jours. Ensuite, on va voir ce qu’on n’a pas encore vu. Cette fois je sais pas ce qu’on va devenir, car j’avais l’espoir de vous revoir, mais, à présent, avec ce qu’on voit, car c’est horrible. Enfin prenons toujours bon courage. Vous tous je pense que vous allez tous bien, et que vous monterez les vaches ces jours à l’Econdu. J’espère d’aller les voir dans (le) courant de l’été. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver, et surtout ne vous faites pas de mauvais sang car ça sert à rien. Moi je ferais tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Ravier Léon. Bien le bonjour aux oncles, tantes, amis."

Carte du 21 juin 1916, de Urimenil: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais pas mal pour le moment. Je suis toujours dans le patelin que vous voyez sur la carte, mais on doit partir sous peu. Demain, on a repos comme c’est la grande Fête Dieux. Vous tous je pense que vous allez tous bien, que vous commencez à couper les foins. Mes bien chers parents, je ne vous en dis pas davantage que de bien vous conserver. Moi je ferais tout mon possible pour vous revoir un jour toute la famille en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. R. Léon. Bien le bonjour aux oncles, tantes, amis."

Carte du 25 juin 1916, de Urimenil: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais assez bien pour le moment, mais, malheureusement, on part demain matin à 7 heures direction inconnue. Je pars avec bon courage toujours dans ce grand espoir de nous revoir un jour pour toujours. Aujourd’hui on a rien fait. On a passé la revue de départ à huit heures. Ensuite j’ai été à la messe. C’était plein l’Eglise. Mes bien chers parents, vous tous je pense que vous allez tous bien. Je pense à tout instant à vous tous. Ca me console pendant que je sais que mon frère Philippe est avec vous pour vous aider, et surtout pendant que je sais pas dans cet horrible fléau. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Et surtout ne vous faites de mauvais sang. Moi je ferai s tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. RAVIER Léon. Je vous dirai j’ai vu Rey Jules Bochet le fils du marchand de bois de St Thomas. Bien le bonjour aux oncles, tantes, amis."

Le Bataillon de Léon (le 30ème BCA ou le 70ème, le Bataillon de réserve du 30ème) ne part pas à Verdun, mais dans la Somme. Dans ce secteur se joue la 2ème grande bataille de l'année 1916, celle de la Somme. Dans la Somme, ce sont les alliés franco-britanniques qui sont à l'origine de l'attaque. La bataille de la Somme dure de fin juin à octobre 1916. Comme à Verdun, c'est l'enfer, un enfer de boue. "De toutes les boues, écrit le Colonel Lorieux, qui ont été, pour le poilu, l'une des plus cruelles souffrances de la guerre, celle de la Somme occupe, dans ses souvenirs, la première place. Boue lourde, gluante, dans laquelle on ne risque pas de disparaître comme en Woëvre, mais d'où on ne sort pas".

Fin juin ou début juillet 1916, Léon est blessé, à la jambe, ce qui lui vaudra, le 9 novembre 1916, d'être cité à l'ordre de son Bataillon: "blessé à son poste de combat en faisant bravement son devoir". Il est alors 2ème classe (matricule 6053), au sein du 70ème Bataillon de Chasseurs Alpins - 9ème Compagnie (le Bataillon fait partie de la VIIème Armée - 47ème Division - 3ème Brigade de Chasseurs). Il est envoyé en convalescence à Dieppe. Le 70ème BCA est le Bataillon de réserve du 30ème BCA.

Carte du 17 juillet 1916, de Dieppe: "Bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais bien. J’espère de tout cœur que vous tous vous serez en bonne santé. Mes chers parents, je vous dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je crains rien. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur à toute la famille. Ravier Léon.

Carte du 23 juillet 1916, au dos d'une photo de Léon avec d’autres militaires.   Mes bien chers père, mère, frère, soeur, Je viens de recevoir cette photo du pays des Vosges. C’était l’après midi dans la maison qu’on était cantonné. C’était une maîtresse d’école. Elle a voulu nous photographier. On est pas bien pris mais ça fait rien. Mes bien chers parents, j’ai reçu votre lettre, aussi j’ai été heureux de recevoir de vos bonnes nouvelles. Pour moi, je vais pas mal pour l’instant. Depuis le 20 j’ai encore échappé mais c’est demain matin. Je vous dis pas davantage. Tout ce que je regrette, c’est de pouvoir pas vous voir avant d’aller à la b…. Mes bien chers parents, espérons que Dieu et la Sainte Vierge.

Carte du 15 août 1916, de Dieppe: "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l’instant, je vais très bien. J’ai bien mal à ma jambe, mais ça fait rien. Aujourd’hui, j’ai déjà sorti en ville. Vous voyez sur la carte, c’est l'hôpital où je suis, sur le bord de la mer, dans la chambre où vous voyez un « X ». Mes bien chers parents, j’espère de tout cœur que vous serez tous en bonne santé. J’attends de vos bonnes nouvelles, ainsi que de mon frère Philippe que j’espère recevoir ces jours, qu’il sera en bonne santé. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur. R.

Carte du 16 août 1916, de Dieppe: "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais très bien. J’ai bien mal un peu à ma jambe, mais pas comme dans la hanche. Vous tous j’espère de tout cœur que vous serez tous en bonne santé, et qu’à la montagne, ça marchera tout bien. J’espère recevoir bientôt de vos bonnes nouvelles, et surtout j’attends celles de mon frère Philippe, à qui je pense à tout instant. J’espère de tout cœur qu’il sera en bonne santé. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver, et surtout ne vous faites pas de mauvais sang sur moi car je risque rien. C’est mon frère Philippe que je voudrais voir avec moi. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur. A toute la famille. Ravier Léon. Je suis dans cet hôpital sur le bord de la mer."

Carte du 21 août 1916, de Dieppe: " Mes bien chers parents, Je réponds à la lettre que j’ai reçue, qui avait au Bataillon. La vaguemestre les renvoie. Je suis heureux que vous allez tous bien. Je vous dirais, j’ai été heureux hier, j’ai reçu des nouvelles de mon frère Philippe. J’espère de tout cœur qu’il sera relevé pour passer quelques jours au repos. Mes bien chers parents, pour moi ça va très bien. Je souffre un peu mais comme dans les tranchées. Hier, un de ma Compagnie, qui a été blessé quand moi, a reçu une lettre : il y a plus de soixante hors de combat dans (la) Compagnie, et il était pas encore relevé de première ligne. C’est terrible. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je risque rien. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur. A toute la famille. R. Léon." Sur la photo : « Voilà la porte d’entrée. Je couche là. »

Carte du 25 août 1916, de Dieppe: " Mes bien chers parents, J’ai reçu votre lettre avec le plus grand plaisir que vous allez tous bien. J’espère de tout cœur que ça continuera comme ça jusqu’à la fin de cette horrible guerre (et) que nous aurons le bonheur de nous revoir un jour pour toujours. Je vous remercie enfin des 10 francs qu’il y avait dans la lettre. Je suis heureus, je reçois tous les deux jours une lettre de mon frère Philippe. Je suis heureux, il va bien. J’espère de tout cœur qu’il sera bientôt relevé. Il me dit qu’il pense d’être relevé à la fin du mois. Pour moi ça va très bien. Dommage que ça sera trop vite guéri, enfin c’est comme ça. Je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Ne vous faites pas de mauvais sang pour (de) moi. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur. A toute la famille. Bien le bonjour aux oncles, tantes, amis."

Carte du 30 août 1916, de Dieppe: " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles. Je vais très bien. Déjà que c’est trop vite guéri car la plaie se ferme à grand train. Enfin, c’est toujours quelques jours de passés de repos. Mes bien chers parents, j’espère de tout cœur que vous tous vous êtes en bonne santé. Je suis heureux, je reçois tous les deux jours (des nouvelles) de mon frère Philippe. J’espère de tout cœur qu’il sera relevé. Car c’est plus que terrible celui qui est nuit et jour dans cet enfer. Mes chers parents, espérons que ce jour heureux viendra bientôt que nous aurons le bonheur de nous revoir tous en bonne santé pour toujours. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur. Ravier Léon.

Carte du 4 septembre 1916, toujours de Dieppe: " Mes bien chers parents, Je réponds à la lettre que j’ai reçue aujourd’hui avec grand plaisir que vous allez tous bien. Je vous remercie infiniment des 10 francs qu’il y avait dans la lettre. Pour le colis, je l’ai pas encore reçu. J’ai écrit au dépôt. J’espère qu’il sera pas perdu, mais ne m’envoyez pas de colis pour le moment car il y a assez à manger.J’ai pas reçu de nouvelles de mon frère Philippe. J’espère en recevoir demain. J’espère de tout cœur qu’il sera en bonne santé.

Carte du septembre 1916, de Dieppe: "Deux mots pour vous donner de mes bonnes nouvelles. Je vais bien. Hier, j’ai passé la visite. Je vais aller eu Dépôt de convalescents…J’espère y rester encore une dizaine de jours. Vous tous j’espère de tout cœur que vous allez tous bien. Je suis heureux, j’ai reçu tous les deux jours des lettres de mon frère Philippe. Il va bien. Ça m’ennuie de le savoir toujours aux avant-postes, de pouvoir pas (avoir droit) au repos. J’ai prié de tout cœur qu’il sera bientôt relevé, qu’il puisse se reposer quelques jours. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Mois, je ferai mon possible pour rester le plus longtemps possible. Votre fils qui vous embrasse de tout cœur. Ravier"

Carte du 13 septembre 1916, de Dieppe: "Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Je vais assez (bien) pour le moment. J’ai changé d’hôpital de matin. Je suis à Envermeu pour une dizaine de jours je l’espère. Ensuite, j’irai vous voir. Vous tous j’espère que vous serez tous en bonne santé.Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage. Votre fils qui vous embrasse du fond (du) cœur. A toute la famille. Ravier Léon."

Carte du 19 septembre 1916, de Envermeu: "Mes bien chers parents, Je réponds à la lettre que j’ai reçu avec grand plaisir que vous allez tous bien. Je vous remercie infiniment des 10 francs qu’il y avait dans la lettre. Je suis heureux, je reçois tous les deux jours des lettres de mon frère Philippe. Il va bien. Aujourd’hui, il me dit qu’il a vu Peronnier Léon et beaucoup d’autres copains de mon Bataillon qui sont remontés aux tranchées. Si j’avais pas été blessé, je serais où était mon frère Philippe, je pourrais (j’aurais pu) le voir. Mais j’espère qu’il sera bientôt relevé. Mes bien chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur. Ravier Léon."

Fin septembre ou courant octobre, Léon, guéri de sa blessure, quitte la région de Dieppe et retrouve son Bataillon dans les Vosges. 

Carte du 1er novembre 1916, de Granges, dans les Vosges: "Mes chers parents, Je viens de recevoir votre lettre avec le plus grand plaisir que vous allez tous. J’espère de tout cœur que ça continuera jusqu’à la fin de cette horrible guerre, que nous aurons le bonheur de nous revoir un jour pour toujours. Ca sera le plus beau jour de la vie. Je pense souvent à ma petite sœur Suzanne que j’espère aller la revoir dans le courant de décembre, ainsi que vous tous. Je vous dirais, j’ai été heureux de recevoir des nouvelles de mon frère Philippe. Je suis heureux de (le) savoir en bonne santé, et de (le) savoir toujours au même endroit. J’espère qu’il restera encore quelques temps, car il me dit que ça (barde ?) pas trop. Pour moi, ça va assez bien. Hier au soir j’ai été de planton pour la Compagnie. Je croyais qu’on resterait quelques temps dans le pays de Granges que vous voyez sur la carte. Mais au soir, un ordre est arrivé, on est parti ce matin à 6h30, on a fait 22 kilomètres pour venir où je suis ce soir à Ste Hélène. Le pays n’est pas grand, mais après demain, on repart pour aller dans un autre pays. C’est terrible, on passe le repos à voyager. Je vous en dis pas davantage. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à tous. Léon.

Carte du 10 novembre 1916, de St Maurice, près Rambervillers: "Mes chers parents, Je viens de recevoir votre lettre avec grand plaisir que vous allez tous bien, et je vous remercie infiniment des cinq francs qu’il y avait dans la lettre. Pour moi, ça va très bien pour le moment, toujours au repos. Je vous dirais qu’ils ont restreint les permissions à 10 pour cent au lieu de 40 pour 100. En fin j’espère d’y aller quand même (et) que j’aurais ce bonheur. Je viens de recevoir des nouvelles de mon frère Philippe. Je suis heureux, il va bien, et de savoir que ça (barde ?) pas trop. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille."

Le 7 décembre 1916, Léon est à Lyon, gare de Perrache, vraisemblablement après une permission: " Mes chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Me voilà arrivé à la Gare de Perrache en bonne santé avec Lassiaz de St Thomas. Mais on se quitte ce matin, lui part dix minutes après moi. Je vous dis pas davantage pour aujourd’hui. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Ravier Léon."

Carte du 9 décembre 1916, de Raon l'Etape, titrée " Guerre 1914-1915 – Les Vandales ont passé ! Ruines du Château Amos.": " Mes chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. J’ai descendu au pays que vous voyez sur la carte, et, hier au soir, j’ai rejoint ma Compagnie, et ce soir, je (vais au ?) petit poste. Ça (barde ?) pas trop, mais on est dans la neige car on est dans les sapins. J’espère que ça se passera bien au petit poste car on y reste quarante huit heures, et après on descend en réserve. Mes chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Ravier Léon.  

Carte du 10 décembre 1916, achetée à Lyon : "Mes chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Pour l’instant, ça va pas mal. Aujourd’hui, je suis au petit poste jusqu’à demain midi. Ça (barde ?) pas trop, mais il fait pas chaud. Mes bien chers parents, j’ai touché le colis, il y a rien de gâté, ainsi que la lettre qui avait les cinq francs dedans. Je vous remercie infiniment. J’espère de tout cœur que vous serez tous en bonne santé. Mes chers parents, je vous dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. R. Léon."

Carte du 12 décembre 1916, toujors de Raon, titrée: "Guerre 1919-1915 – Les Vandales ont passé ! Ce qu’ils ont fait de la Rue Jules Ferry.": " Mes bien chers parents, Deux mots pour vous donner de mes nouvelles. Ça va pas mal pour l’instant, mais il fait mauvais temps … et de neige. Aujourd’hui, on est de réserve jusqu’à demain midi. Ensuite, on prend un petit poste 48 heures. Ca (barde ?) pas trop. Mes chers parents, je vous en dis pas davantage pour aujourd’hui que de bien vous conserver. Moi je ferai tout mon possible. Votre fils qui vous embrasse du fond du cœur à toute la famille. Ravier Léon. Je suis en ligne au …