06.04.2008

La paroisse de St Thomas au XIXème siècle

La paroisse de St Thomas a été créée aux alentours du XIIIème siècle. Pour des éléments de l'histoire de cette paroisse jusqu'en 1792, merci de vous reporter au chapitre 12 "la paroisse de St Thomas en 1792". Pour la période révolutionnaire, lire le chapitre 15 "Blay et St Thomas 1792 - 1815".  

Les Curés de St Thomas: Jean Baptiste MATHIEUX (autour de 1767) / Joseph Antoine BORNE (1781 - 1803; il signe le Serment civil en mars 1793, puis s'exile à Turin de l'automne 1793 à l'automne 1796) / Charles BASTHARD (1803 - 1804) / Joseph Antoine CHAPELLE (1806 - au moins 1813) / Maurice Germain CLEAZ (1817 - 1818) / Jean Pierre TANTET (1819 - 1822) / Jacques BALLY (1822 - 1826) / Jean Antoine RUFFIER VIOLON (1826 - 1836) / Guerin CLEAZ (1836 - 1839) / Esprit Vincent Désiré PERRIN (1839 - 1856) / Jean COLLOMB (1856 - 1869) / Jean François AVRILLIER (1869 - 1882) / Joseph Alphonse MERCIER (1882 - 1884) / Jean Michel GACHET (1884 - 1906) / Jean Pierre RELLIER (1906 - 1919)

Une lettre du Curé de St Paul, Rd GENTIL du 15 décembre 1802(conservée aux Archives diocésaines de Moutiers), nous donne des informations sur la paroisse de St Thomas au tout début du XIXème siècle. Le tableau qu'il en dresse n'est pas réjouissant. La paroisse compte peu d'habitants, ces derniers sont dispersés dans plusieurs hameaux, les chemins entre les hameaux sont difficiles, l'accès à St Thomas est lui même délicat, et, bien sur, la paroisse est pauvre.

St Thomas est une paroisse peu peuplée: 40 familles en 1802 (une annotation portée sur la lettre du Curé GENTIL précise qu'il n'y a plus que 34 familles le 7 août 1818).

Ses habitants sont dispersés dans plusieurs hameaux, dont les principaux, si on peut dire, sont éloignés de l'église, et accessibles uniquement par des chemins difficiles.Le hameau le plus important est le Charandier (Charanger) avec 10 à 11 familles, distant du chef lieu d’une bonne heure de marche (en montée). « Les chemins ne sont que des sentiers tortueux et pierreux". Ensuite, on trouve le Replat, avec 5 familles, distant de l’église de ¾ d’heure de marche (en montée également), puis la Ville , avec 4 à 5 familles, distant de l’église de ¾ d’heure également, et enfin le Fey, avec 2 à 3 familles, à ½ heure de marche de l’église.

Dans le bas de la commune, les chemins sont un peu meilleurs, et encore, mais les maisons sont éloignées les unes des autres. On y trouve 15 à 16 familles, « toutes éparses, dans quelques endroits, il s’en trouve deux ». Les plus éloignés de l’église le sont de ¼ d’heure de marche. « Ce n’est partout que des chemins scabreux et pierreux. Près de l’église il n’y a que l’habitation du clerc. Il n’y a cependant ni précipice ni torrent qui empêche la communication au chef lieu. Il n’y a qu’un petit ruisseau avant que d’arriver aux 1ères habitations, mais il n’est pas sujet à se déborder ; D’ailleurs, il est au midi du chef lieu. »

La paroisse de St Thomas est pauvre, et enclavé. Le Curé GENTIL parle même de désert. "Cette paroisse est, comme vous le savez, un désert, confiné au levant par la rivière, au couchant par les montagnes de la Maurienne, au midi par les villages de la Combaz et partie de la Poyat de Blay, et au nord par le désert de Rhônnes".

L'accès à St Thomas est difficile. "De toutes les paroisses voisines de St Thomas, celle de Tours est la plus près, mais elle en est séparée par la rivière. Sa plus grande communication est du coté de St Paul, et il y a sur le chemin tendant de St Thomas à la Combaz de Blay, près de la limite de démarcation des deux paroisses, un précipice affreux qui tend à la rivière et qui exige toute l’attention des passants".

Et, en plus, Rd BORNE, le Curé de la paroisse (il y est depuis 1781, il a prêté serment à la Révolution dans un 1er temps, avant de s'exiler à Turin entre le printemps 1793 et 1796), est quasi infirme (il va être déchargé de ses fonctions en 1803, quasi sourd et aveugle), et son logeur lui fait des misères. "Rd BORNE, Curé du dit lieu, y est actuellement, mais dans l’état le plus triste, n’ayant pour tout logement qu’une petite chaumière dont le propriétaire veut encore le priver. La fièvre lui a laissé une surdité qui ne lui permet pas de confesser, et à peine même peut il célébrer".

Une lettre des paroissiens de St Thomas, du 19 mai 1803, relative au remplacement du Curé BORNE, qui a terminé sa carrière quasi infirme (nous avons vu qu'il était déjà sourd en 1802, il a maintenant perdu la vue), nous précise les efforts que les paroissiens sont près à faire pour qu'un desservant soit nommé. Comme ils l'écrivent, ils ne peuvent pas s'en passer, car "personne ne peut vivre sans religion".

L’Evêché (certainement) a fait savoir au Maire de la commune que si les paroissiens voulaient un desservant pour leur paroisse, « il faut que les paroissiens procurent au prêtre qui sera nommé un logement et un traitement honnête, afin qu’il puisse vivre honorablement". 

Les paroissiens de St Thomas, "considérant que tous les biens qui faisaient, avant la Révolution, le principal revenu du Curé ayant été vendus au profit de la République, il est indispensable que les habitants fassent quelques sacrifices pour pourvoir à l'entretien du prêtre, attendu qu'ils ne peuvent s'en passer, ayant été élevés et ayant toujours vécu sous les lois de la Religion, ils ne peuvent pas l'abandonner ni priver leurs enfants de l'instruction qui leur sont nécessaire pour devenir des hommes honnêtes et probes, car personne ne peut vivre sans religion.

En conséquence, les habitants de St Thomas, après avoir mûrement délibéré sur la nécessité d’obtenir un prêtre dont ils sont actuellement privés, conviennent de se cotiser entre eux pour faire annuellement un honoraire de 600 francs pour le prêtre qui sera nommé pour desservir cette paroisse, laquelle somme lui sera délivrée en numéraire et en denrées, ainsi que le préféreront les habitants, indépendamment d’un logement dans la ci devant cure ; quant à un jardin, ils lui en fourniront un le plus tôt qu’ils pourront. »

La fixation du traitement du recteur de St Thomas est évoqué au Conseil Municipal d'Esserts-Blay du 7 janvier 1806 (17 nivôse an 14): ce traitement est pris en charge par le Trésor Public et par la commune. La part du Trésor Public est de 500 francs, ce qui ne suffit pas à un curé pour vivre correctement. Le Conseil Municipal, considérant la pauvreté de la commune (qui n'a pas de revenus communaux) et le fait que "la paroisse, quoique pas très étendue, est néanmoins un peu pénible parce qu'il faut toujours monter et descendre, et la communication avec le chef-lieu de canton est difficile", décide que la prestation communale au recteur sera versée en nature. Elle se composera de 36 cartes de seigle, 2 hectolitres de vin (15 setiers) et 18 stères de bois de chauffage. Cette prestation en nature équivaut à 324 francs, et sera à répartir entre les 35 familles de la paroisse.

Dans un courrier du 21 octobre 1810, la Fabrique de la paroisse de St Thomas fait un appel de fonds auprès du Bureau auxiliaire de Bienfaisance de St Thomas pour financer les travaux réalisés à l'église. En effet (voir chapitre sur la paroisse de St Thomas en 1792), Jean Baptiste MATHIEUX, Curé de la paroisse vers 1760 1770 a institué pour ses héritiers généraux et universels "les pauvres de St Thomas", à charge pour eux de verser chaque année 20 livres de Savoie pour les réparations et l'entretien de l'église.

C'est le Bureau auxiliaire de Bienfaisance de St Thomas, certainement mis en place à cette occasion (et qui semble dépendre du Bureau de Bienfaisance de Conflans), qui est chargé de gérer cet héritage (faire la distribution aux pauvres, et faire face aux diverses charges imposées à ses héritiers par le Curé MATHIEUX).

La Fabrique explique qu'elle a du "faire des réparations très urgentes, et se trouve obligée d'en faire de nouvelles, ainsi que de pourvoir la sacristie d'ornements indispensables, dont elle a été spoliée par les malheurs de la Révolution, sans avoir les fonds nécessaires à ces dépenses."

Hors, cela fait plus de 10 ans que la Fabrique n'a rien reçu du légataire du Curé MATHIEUX. En conséquence, "elle invite le Bureau auxiliaire à lui délivrer provisoirement un mandat de 240 francs, à compte des annuités arriérées, à prendre sur les fonds existants entre les mains de Mr le Receveur du-dit Bureau."

La demande est acceptée et la somme demandée est versée en février 1811 entre les mains de François LASSIAZ, Trésorier de la Fabrique, en présence du Maire de la commune, Joseph TRAVERSIER.

Le 20 octobre 1822 est signé un accord entre le Curé de la paroisse, Jacques BALLY, et les conseillers et chefs de famille de St Thomas, en présence du Curé et Archiprêtre de Conflans, délégué de l’Archevêque de Chambéry, au sujet du traitement du Rd Curé et de ses obligations. Il s'agit principalement d'un rappel des droits du Curé et des obligations des paroissiens.

Il est rappelé que la collecte qui se fait lors de la messe du dimanche appartient exclusivement au Curé, qui, en contrepartie, n'est tenu qu’à l’acquittement d’une messe basse pour les trépassés tous les lundis.Toutes les offrandes appartiendront à Mr le Curé, sauf celle de Notre Dame du Puits qui se fait le lundi de Pâques, qui se partagera, comme par le passé, par moitié, entre Mr le Curé et la Fabrique.

Le luminaire des dimanches, fêtes, lundis de chaque semaine, et des autres jours où il se fait des services pour la paroisse, reste à la charge de la Fabrique, qui fournira 4 chandelles pour les dimanches simples, 6 chandelles outre les flambeaux pour les autres dimanches et fêtes solennelles, et 2 pour la messe du lundi.

Les habitants s’engagent à remettre en état, une fois pour toutes, les treilles (vignes) formant le parc près de la cure, ils fourniront pour cela tous les bois de montagne et les engrais nécessaires. Une fois les treilles en état, Mr le curé ne sera chargé que du simple entretien.

Enfin, il sera fourni par les habitants, à Mr le Curé, chaque année, et sans préjudice du supplémente de traitement, 3 toises de bois dur pour affouage. Thomas TRAVERSIER, un des conseillers, est chargé de surveiller l’exécution des engagements pris par les particuliers.

L'année suivante, en 1823, en réponse à une circulaire de l'Archevêque de Chambéry, le Curé BALLY nous donne quelques précisions sur ses revenus: le supplément de traitement que la commune lui alloue est de 300 frs. La congrue du Curé est à la charge des finances royales. Il évoque ensuite les 3 toises de bois (de 5 pieds) promis par les paroissiens dans l'accord du 20 octobre 1822 cité juste avant. Il a la jouissance de quelques bien-fonds autour de la cure, dont les revenus sont estimés à 35 frs. Il a 2 rentes, mais avec charges, l'une de 230 frs, l'autre de 140 frs. "Le propriétaire débiteur de cette dernière rente tient les papiers depuis le commencement de la Révolution sans qu'il n'ait encore rien payé à ce que je crois". Il précise qu'il n'y a pas de Fabrique, ce qui semble inexact, et confirme l'existence de deux Confréries, celle du Rosaire et celle du St Sacrement.

D'autres documents conservés aux Archives diocésaines de Moutiers permettent d'avoir quelques informations sur l'état de la paroisse et des bâtiments qui en dépendent, principalement l'église, le presbytère et la chapelle (rappel: à St Thomas, il n'y a qu'une chapelle, construite en 1758, et située à quelques dizaines de mètres de l'église): ce sont les compte-rendus des "visites pastorales" que fait assez régulièrement l'Evêque dans les paroisses de son diocèse, et les "mémoires sur l'état de la paroisse" que rédigent les Curés au moment de ces visistes pastorales.

Ce qui en ressort, c'est, bien sur, que la paroisse est pauvre et manque de moyens, mais que, néanmoins, l'église est entretenue, même s'il y a toujours des travaux à faire. Les principaux points noirs, ce sont:

- l'humidité dans l'église car l'eau déborde souvent du cimetière qui est juste devant la porte d'entrée, et qui est surélevé par rapport à cette dernière (l'eau ruisselle dans l'église);

- la sacristie, qui avait été construite au nord du bâtiment, est donc trop humide et froide; un peu avant 1875, elle est reconstruite du coté sud de l'église

- le presbytère, en très mauvais état. D'ailleurs, le Curé GACHET note dans un rapport sur la paroisse de St Thomas, non daté mais écrit après 1893: "Mentionner les réparations (à faire) au presbytère me paraît inutile, les ressources pécuniaires faisant absolument défaut".

La Fabrique de la paroisse de St Thomas, chargée notamment de l'entretien des bâtiments religieux, existe tout au long du XIXème siècle (on notera que le Curé BALLY, dans sa réponse à la circulaire de l'Evêque du 1er juillet 1823 - voir plus haut - écrit qu'il n'y a point de Fabrique; il s'agit probablement d'une erreur de sa part).

La paroisse compte, depuis au moins 1792, et tout au long du XIXème siècle, deux Confréries, celle du St Sacrement, et celle du Rosaire. En 1888, la Confréries du St Sacrement compte 40 membres, 12 hommes et 28 femmes.

En 1829, le Curé RUFFIER nous donne les précisions suivantes: "l'église entière se trouve bientôt dans le besoin d'être reblanchie". Le tabernacle et le retable du maître-autel sont dans un état passable, le grand tableau aurait besoin d'être réparé. Il faut de nouvelles portes aux fonds baptismaux, et un nouveau confessionnal car l'ancien est hors d'usage. L'église est fournie de vases sacrés, d'ornements, de linge et de deux missels. "Elle possède encore deux reliquaires, le grand qui est vitré contient des reliques authentiques de St Benoît et des compagnons de St Maurice, l'autre renferme des reliques de St Pierre, Evêque de Tarentaise". Enfin, il y a dans l'église une chapelle consacrée à Notre Dame du Rosaire.

Concernant les deux Confréries que compte la paroisse, le Curé RUFFIER écrit: "il n'y a dans ces Confréries d'autre abus que celui qui résulte de la négligence de la plupart des confrères et des consoeurs à se rendre aux offices".

Visite pastorale de Mgr ROCHAIX, en juillet 1834: il constate que la plupart des travaux qu'il avait demandés lors de sa précédente visite, ont été exécutés, "grâce au zèle du Curé et au dévouement des administrateurs de la commune". Mais il reste encore à faire: reblanchir les murs de l'église, l'autel du Rosaire est délabré et doit être refait (et, en plus, il n'a pas de pierre sacrée), et la sacristie est à la fois, étroite et humide, et pauvre en linges et en ornements.

Quant au presbytère, il "est très vaste, mais dans un état de dégradation et de vétusté tel qu'il exigerait des réparations dans toutes les parties qui le composent".

Visite pastorale de Mgr TURINAZ, en mai 1840: il constate que la plupart des ordonnances faites par Mgr ROCHAIX en 1834 ont été exécutées: le coeur et la nef ont été blanchis et décorés de peintures assez gracieuses, une pierre sacrée a été posée à l'autel du Rosaire, le cimetière a été clos par une porte. Par contre, il reste à faire des travaux au presbytère.

La visite pastorale suivante n'a lieu que 15 ans plus tard, en 1855. L'Evêque est toujours Mgr TURINAZ. Il rappelle que l'église a été réparée quelques temps avant sa dernière visite (en 1840); elle est dans un "état de décence rigoureusement suffisant.". Mais l'autel principal est composé d'un retable qui est déjà vermoulu, et d'un tabernacle, certes bien sculptée, mais trop grand par rapport au retable. L'autel du Rosaire est "propre" et dans un état "assez canonique", mais doit être réparé. Les deux reliquaires sont authentiques (munis du sceau de l'Evêque. La table de communion a été reconstruite il y a peu de temps, mais sa porte a déjà besoin d'être refixée. L'Evêque évoque ensuite l'humidité qui pénètre de toutes parts dans l'église. La sacristie est froide et humide, et manque de linges (pour les vases, ça va). La fabrique ayant, selon le dernier compte remis, un peu d'argent en caisse, l'Evêque ordonne que cet argent soit "employé de suite aux objets qui ont un rapport plus direct avec l'autel et la célébration des Saints Mystères.

Le cimetière est mal clos, ses murs doivent être réhaussés (afin qu'en cas de pluie, l'eau ne ruisselle pas jusque dans l'église), il manque de portes. Le local destiné à la sépulture des enfants morts sans baptême n'est pas assez clos. Et à partir de là, l'Evêque hausse le ton: Lors de notre précédente visite, il y a 15 ans, nous avions fortement recommandé aux administrateurs de la commune et de la fabrique de prendre leurs mesures pour ces réparations, comme aussi pour celles qui sont indispensables au presbytère. Nous avons vu avec regret qu'on ne s'en est pas occupé, même de celles jugées déjà nécessaires par notre prédécesseur. Nous savons que la commune a été exposée à d'autres dépenses considérables. Mais enfin, il faut avec le temps que la paroisse fournisse au nécessaire, et fasse ainsi preuve de bonne volonté." Et il enchaîne ensuite avec les réparations à faire au presbytère.

L'Evêque nous apprend aussi que la commune fait des misères au Curé de la paroisse: "Nous avons appris avec peine que, depuis quelques années, on astreignait le Rd Curé à faire son tour de rôle pour le service du bas sur l'Isère. Ceci nous parait peu en rapport avec la dignité de sa fonction, lors même qu'il fait remplir cette corvée par une personne de service. Nous espérons l'en voir sous peu dispensé". 

Cinq ans plus tard, en 1860, Mgr TURINAZ, qui en est à sa 3ème visite à St Thomas, n'est pas très optimiste. "L'église est toujours dans l'état de pauvreté où nous l'avons trouvée jusqu'ici. De toutes les réparations que nous avions instamment recommandées, rien n'a été ou n'a pu être fait; cependant, la dévotion des fidèles a décoré l'autel du St Rosaire d'une assez belle statue de la Très Sainte Vierge, au moyen d'une cueillette."

Pour l'Evêque, il faut maintenant réfléchir aux moyens d'agrandir l'église. Il faut également que la sacristie soit construite de l'autre coté de l'église, au sud, afin que les lignes et les ornements puissent être conservés. "La sacristie actuelle ne recevant jamais un rayon de soleil, ne peut qu'altérer par son extrême humidité tout ce qu'on est dans le cas d'y renfermer". Le tabernacle et les reliquaires sont dans un état correct. Le cimetière est canoniquement clos, mais le problème de sa surélévation par rapport à l'église, qui rend cette dernière "humide et malsaine" n'est pas réglé. Enfin, quelques travaux ont été faits au presbytère, mais il reste beaucoup à faire.

Lors de sa visite pastorale de 1871, Mgr GROS constate que des travaux ont été réalisés dans l'église, qui "est maintenant dans un état fort convenable", même s'il est "bien regrettable qu'elle soit trop petite". "Tout l'intérieur de l'église a été crépi, et les voûtes décorées autant que faire se pouvait avec les modiques ressources dont on disposait". Le tabernacle est "dans un état parfaitement convenable à l'extérieur". Les vases, l'ostensoir (ce dernier est "des plus simples mais tout argent"), l'autel latéral et les reliquaires sont en bon état, les confessionnaux et les fonds baptismaux sont en règle. Le maître autel a été tout dernièrement restauré, grâce à la générosité de Joseph Humbert TRAVERSIER, sa soeur Josephte, femme de Charles FERLAY, et Jean Marie TRAVERSIER.

Par contre, "la sacristie est beaucoup trop petite, humide, obscure et placée au nord". Elle est tellement dégradée que cela ne sert à rien de la réparer; il faut en reconstruire une nouvelle, du coté sud. Le presbytère est toujours en mauvais état, malgré quelques réparations effectuées. Le cimetière est canoniquement clos, et il y a désormais un local séparé pour la sépulture des enfants morts sans baptême et des non catholiques. Concernant les infiltrations récurrentes d'eau dans l'église, l'Evêque suggère qu'un petit canal soit creusé devant cette dernière pour en écarter les eaux qui coulent du chemin et du cimetière. Quant à la Chapelle St Barthélémy, elle est "en très bon état, mais est dépourvue d'ornements et de vases sacrés".

Le mémoire sur l'état de la paroisse rédigé par le Curé AVRILLER en avril 1876 nous apprend que la sacristie a enfin été reconstruite à neuf, et au midi. Le petit canal devant l'église, suggéré par Mgr GROS 5 ans avant pour empêcher l'eau de pluie d'entrer dans le bâtiment, a été construit. L'église elle même, toujours trop petite, est en bon état, sauf les planchers qu'il faut refaire. Par contre, le presbytère est en mauvais état, et a besoin de grosses réparations.

Concernant ses paroissiens (220 habitants, dont 170 communiants), le Curé AVRILLIER constate qu'ils "ont à peu près rempli leur devoir pascal. Il règne une grande indifférence pour s'instruire et faire instruire les enfants."

Rien de spécial à signaler dans le rapport du Curé Jean Michel GACHET (non daté, mais écrit après 1884) sur l'église de St Thomas, "trop étroite et convenablement propre". Pour le presbytère, c'est sans espoir: il est en mauvais état et la paroisse n'a pas de ressources pour le réparer. Le Bureau de bienfaisance de la commune, héritier du Rd MATHIEUX en tant que représentant des pauvres de la paroisse (le testament date de 1767 - sujet déjà évoqué), verse toujours 6 francs chaque année pour l'entretien de la chapelle St Barthélémy.

Concernant ses ouailles, le Curé GACHET "aime à croire que le nombre de ceux qui remplissent le devoir pascal égale le nombre des communiants".

Peu de choses à signaler dans le rapport du même Curé GACHET, écrit après 1893. "Les paroissiens, à l'aide d'une souscription, se sont procuré une cloche neuve, qui n'est pas entièrement payée". Mais "mentionner des réparations au presbytère me paraît inutile, les ressources pécuniaires faisant absolument défaut".

Dans son mémoire écrit après 1897, le Curé GACHET nous donne son avis sur la vie religieuse à St Thomas: "Le nombre de ceux qui négligent de remplir le devoir pascal tend à augmenter, surtout parmi les jeunes gens. Il est cette année d'une vingtaine. Il en est de même pour la sanctification du dimanche, par l'assistance à la messe et aux vêpres. Un certain nombre de jeunes gens y paraissent rarement. L'indifférence se manifeste par l'éloignement des sacrements. Les hommes ne font que leurs Pâques et les jeunes gens à partir de 16 ans les imitent. L'éducation première des enfants est complètement manquée de la part des parents. Toutes espèces de discours sont tenus devant les enfants... Aussi il est difficile d'intéresser les enfants et d'attirer leur attention en leur parlant de Dieu, de sa loi, des Récompenses et de ses Châtiments... Un certain nombre de familles, confinées dans le village le plus éloigné de l'église, ne se gênent point de travailler le dimanche".